Capitulation

UberPop suspendu dès ce soir en France

Le 03/07/2015 à 17:51:11
Vues : 12378 fois JE REAGIS

Le groupe américain Uber a décidé de suspendre en France dès ce 3 juillet son service de transport entre particuliers, UberPop. L'application insupportait de nombreux chauffeurs de taxi, ils ont obtenu gain de cause. Pour l'instant.

Les taxis ont gagné. Il y a d'abord eu leur grève la semaine dernière, très violente, puis le renvoi en correctionnelle de deux patrons de Uber, la société de véhicules de tourisme avec chauffeur (VTC). Il y a aussi eu la mobilisation des consommateurs, nombreux à avoir exprimé leur soutien au groupe américain sur les réseaux sociaux. Mais cela n'aura pas suffi. Le 25 juin, le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, mettait en place un arrêté préfectoral interdisant l'utilisation d'UberPop, le service de transport entre particuliers d'Uber. La firme a fini par plier. Elle a ainsi décidé de suspendre son application en France dès 20 heures ce vendredi 3 juillet.

Uber veut « préserver la sécurité » des ses chauffeurs

Ce choix a été fait « en premier lieu pour préserver la sécurité des chauffeurs Uber, ce qui a toujours été notre priorité », explique Thibaud Simphal, directeur général d’Uber France, cité par Le Monde. En début de semaine, le responsable était renvoyé en correctionnel, tout comme le directeur du service pour l'Europe de l'Ouest, Pierre-Dimitri Gore-Coty. Les deux hommes comparaîtront, entre autres, pour pratique commerciale trompeuse et complicité d'exercice illégal de la profession de taxi.

La deuxième raison avancée par Monsieur Simphal est la volonté du groupe de se situer « dans un esprit d’apaisement, de dialogue avec les pouvoirs publics et [de] montrer [qu'il] prend [ses] responsabilités ». « Sur le fond, nous nous en remettons à la décision du Conseil constitutionnel attendue en septembre sur l’article de la loi Thévenoud concernant UberPop  », précise-t-il. Pour rappel, la loi en question vise à réglementer la concurrence entre les taxis et les VTC.

UberPop n'est pas un service de covoiturage selon la justice française

Voilà plusieurs mois que l'application posait problème d'un point de vue légal. Uber l'a présentée lors de son lancement comme un service de covoiturage mais pour la justice française, elle ne fait pas partie de cette catégorie. Officiellement, elle met en relation les clients avec des conducteurs particuliers voulant arrondir leur fin de mois. Dans la réalité, certains chauffeurs de VTC (professionnels) l'utiliseraient pendant leur temps libre pour gagner, certes moins qu'avec le service classique, mais tout de même un peu plus.

En octobre 2014, le tribunal de Paris a donc condamné Uber à 100 000 euros d'amende. La start-up a fait appel, la condamnation est ainsi pour l'instant suspendue. Elle a néanmoins choisi d'interrompre son service, en attendant la décision qui sera rendue à la rentrée. UberPop sera-t-il réactivé dans l'Hexagone à la fin de l'année ? C'est plutôt mal parti mais pas impossible.

Lire aussi :

Microsoft : Uber rachète son service de cartographie

Taxi/VTC : ce que la loi Thévenoud change pour les clients

Par Damien Rigat

Top articles
Réagir à cet article

Par anonyme | Me connecter


L'info conso en continu