COP22 : quel bilan après 15 jours et l’élection américaine ?

Publié le 18 novembre 2016 à 19:17 Aujourd'hui | 972 vues

La COP22 s’achève ce vendredi 18 novembre 2017 au Maroc. Deux semaines de négociations contre le changement climatique, qui ont toutefois été perturbées par l’élection américaine du climato-sceptique Donald Trump. Mais passé le choc, les intervenants ont en réaction vue leur détermination boostée, selon certains observateurs. La COP22 en clôture réaffirme ainsi avec plus de fermeté la nécessité d’agir, et avance même le calendrier.

Les Etats appellent à un « engagement politique maximal pour lutter contre le changement climatique, priorité urgente ». Un an après l’accord de Paris lors de la COP21, la Proclamation de Marrakech, lue par Aziz Mekouar, ambassadeur pour la négociation multilatérale de la COP22, ce jeudi 17 novembre enfonce le clou : les objectifs de l’accord de Paris, qui est entré en vigueur le 4 novembre dernier, doivent être maintenus.

Au chapitre des points forts soutenus, on retiendra :
– maintenir la hausse des températures en-deçà de 2°
– mobiliser 100 milliards par an au profit des pays les plus affectés par les changements climatiques dès 2020, promesse réaffirmée chaque année depuis 2009, année de sa première proposition

L’élection de Donald Trump et sa position sur le climat inquiète

Donald Trump a clairement exprimé lors de sa campagne son scepticisme face au dérèglement climatique, qualifiant même le réchauffement de « canular ». Son élection le 8 novembre en plein débats a naturellement eu l’effet d’une douche froide au sein des participants des 190 Etats représentés.
La principale crainte est que non seulement les Etats-Unis fassent marche arrière sur les avancées acquises du temps de Barack Obama, mais pire, qu’ils n’honorent pas les engagements pris, comme finir de verser les 3 milliards de dollars au Fond vert pour le climat : à date, seuls 500 millions ont été versés.

« La dynamique du combat contre le réchauffement climatique est irréversible »

En réaction à l’élection américaine, de nombreux Etats ont rapidement insisté sur la nécessité absolue de poursuivre les efforts en matière de climat, y compris la Russie, ou encore la Chine qui depuis 2015 compte parmi les pays pollueurs qui ont le plus enclenché un virage dans le bon sens. «Je crois qu’un dirigeant sage doit suivre les grandes tendances historiques», a ainsi déclaré à la presse Xie Zhenhua, le négociateur de la Chine.
Le texte de la Proclamation lue jeudi soir précise aussi « La dynamique du combat contre le réchauffement climatique est irréversible ».
A ce jour, 111 pays ont déjà ratifié l’accord de Paris.

Le calendrier avancé

Une certaine urgence à aller plus vite s’est clairement fait sentir avec l’incertitude des actions à venir menée par les Etats-Unis. 2018 au lieu de 2020 : il a ainsi été décidé d’avancer de deux ans l’obligation pour les pays de concrétiser les mesures, qui restent aujourd’hui des déclarations d’intention.

360 multinationales au secours de la COP22

L’Oréal, Unilever, Nike, Schneider Electric, Intel Corporation, eBay, Virgin… ce ne sont pas moins de 360 sociétés dont de très grosses multinationales, qui se sont adressées mercredi 16 novembre au nouveau président élu pour qu’il prenne au sérieux la question climatique. « Nous appelons nos élus américains à soutenir avec force la poursuite des politiques pour permettre aux Etats-Unis de remplir ou de dépasser ses engagements », ont-ils écrit. Plus loin, ils alertent sur le danger que ferait courir à « la prospérité américaine » le fait de de ne pas « mettre en place une économie bas carbone ».

Espérons que le message soit passé.

 

Hélène DESMAZURES

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