Cuisses de grenouilles : leur consommation nuit à la biodiversité

Publié le 27 mars 2017 à 11:30 Aujourd'hui | 1026 vues

La consommation de cuisses de grenouilles pourrait avoir des impacts non négligeables sur la biodiversité des pays exportateurs, notamment l’Indonésie, alerte le Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN).

Avec le foie gras et les escargots, les cuisses de grenouilles sont un des symboles de la gastronomie française. Sautées à l’ail et au persil, elles font le bonheur de certains gourmets. Mais cette consommation représente une menace pour la biodiversité de certains pays, s’inquiète le Muséum national d’Histoire naturelle. Depuis les années 1970, les espèces françaises, menacées d’extinction, sont protégées. Les cuisses de grenouilles que l’on trouve dans nos assiettes sont donc principalement des espèces tropicales. Chaque année, près de 5 000 tonnes de grenouilles sont importées majoritairement d’Indonésie, « ne provenant pas d’élevage mais prélevées directement dans la nature », explique le MNHN dans un communiqué.

« Les protecteurs de la nature s’inquiètent pour l’avenir des espèces vendues dans le commerce. En effet, chaque année plus de 100 millions d’individus sont tués dans la nature sans qu’aucune étude scientifique n’ait été menée sur les effets de cette collecte sur les populations de grenouilles et sur la biodiversité de l’Indonésie », souligne-t-il.

Cuisses de grenouilles : le consommateur ne mange pas l’espèce indiquée sur l’emballage

Des chercheurs de l’Institut de systématique, évolution et biodiversité (Muséum national d’Histoire naturelle/CNRS/EPHE/UPMC) ont identifié les espèces contenues dans les sachets de cuisses de grenouilles surgelés achetés en magasins. Pour ce faire, ils ont utilisé la méthode moléculaire du Barcoding, une technique qui permet d’identifier les espèces à partir d’une courte séquence de leur ADN. Les résultats ont montré que « dans 99% des cas, le consommateur ne mange pas l’espèce dont le nom est inscrit sur l’emballage ». « Pour les non-initiés, il est difficile de faire la distinction entre les différentes grenouilles mais pour les taxonomistes, il existe une réelle différence entre l’espèce annoncée sur l’étiquette la Rana macrodon, et l’espèce réellement vendue, Fejervarya cancrivora », indique le Muséum national d’Histoire naturelle. Et d’ajouter : « Dans la classification, ces deux espèces de grenouilles sont aussi éloignées que la vache et le mouton ».

Pour le MNHN, des études à grande échelle sont nécessaires pour évaluer l’état des populations sauvages afin de mieux les protéger.

Marine VAUTRIN

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