De la musique pour soigner des courgettes

Publié le 14 novembre 2017 à 16:34 Aujourd'hui | 1473 vues

Dans les Bouches-du-Rhône, un agriculteur est persuadé d’avoir sauvé ses cultures grâce à la musique. C’est la société Genodics qui a développé cette technologie permettant de lutter contre les champignons et autres virus.

Pour avoir de belles plantes, rien de mieux que de leur dire des mots doux. Désormais, inutile de se casser la voix pour faire la discussion à son ficus ou ses plants de tomates, un petit air de Mozart suffira. C’est ce qu’a décidé de faire Gilles Josuan, un agriculteur des Bouches-du-Rhône. Désespéré face aux attaques perpétuelles de champignons et autres virus, il a décidé de se tourner vers la thérapie musicale, au lieu d’utiliser des pesticides à outrance. Le but était de soigner ses plantations de courgettes. La musique n’adoucit donc pas que les mœurs.

5 à 7 minutes de musique chaque nuit

Cette histoire surprenante remonte à plus de 10 ans. En 2006, le producteur de cucurbitacées, qui cultive 40 hectares de courgettes sous serres et 50 en plein champ, doit faire face à une attaque massive du virus de la Mosaïque. Pour s’en débarrasser, Gilles Josuan a tout essayé, malheureusement « aucune méthode de lutte contre ce fléau n’existe », explique-t-il au FigaroÀ deux doigts de tout arracher, il finit par tomber sur le site de la société Genodics. Cette dernière propose de diffuser de la musique aux plantes pour les soigner. Depuis, Gilles Josuan diffuse chaque nuit 5 à 7 minutes de musique à ses plants. Pas plus, sous peine de voir les effets positifs disparaître. « Dès que j’ai commencé à diffuser la musique dans mes serres, j’ai vu la différence », explique-t-il. « Aujourd’hui, le virus est toujours présent mais il est inhibé par la musique et mes légumes n’en portent aucune trace. Je peux donc de nouveau les commercialiser », poursuit-il. Grâce à ce procédé, le producteur récolte entre 600 et 700 tonnes de légumes par an.

Déjà 130 agriculteurs qui luttent en musique

Concrètement, Genodics a mis au point des appareils diffusant de la musique bien spécifique en fonction de la plante et la pathologie. C’est grâce à la protéodie que l’entreprise propose ce genre de service. « Lors du processus de synthèse des protéines, les acides aminés produisent des notes. Une mélodie spécifique à chaque protéine est ainsi émise », explique au Figaro Pedro Ferrandiz, l’ingénieur à la tête de Genodics. « Il faut connaître les protéines pertinentes de la pathologie que l’on veut combattre puis l’isoler et trouver le chant de la protéine pour en stimuler ou inhiber sa synthèse », précise-t-il. Cependant attention, bien que ce processus fonctionne à chaque fois, le taux de réussite varie entre 25% et 95%. Mais « en moyenne, [il] est de 70% », se réjouit Pedro Ferrandiz. L’Institut national de la recherche agronomique (Inra) rappelle qu’aucune étude scientifique n’appuie, pour le moment, les dires de Génodics et donc que l’efficacité de la musique pour soigner les plantes n’est pas prouvée.

Pour l’heure, cette technologie a déjà séduit pas moins de 130 agriculteurs partout en France comme à Saint-Denis-en-Val, Arras, Lucenay, Marseillan, Pessac ou encore Angers. Ce procédé s’est même exporté outre-Rhin ainsi que de l’autre côté des Pyrénées. Genodics est même devenu le partenaire de l’université de Cergy.

Marie Bascoulergue

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