Une décharge de plastique trois fois comme la France flotte dans le Pacifique

Publié le 23 mars 2018 à 16:39 Aujourd'hui | 935 vues

Il y aurait pas moins de 80 000 tonnes de déchets entre Hawaï et la Californie, selon une étude publiée jeudi 22 mars 2018. Au total, ce sont plus de 1,8 billion de détritus qui flottent dans l’océan Pacifique. 

Sacs, emballages, pailles, gobelets… Autant de déchets qui envahissent et polluent les océans. Ces derniers sont d’ailleurs devenus de véritables décharges au fil du temps. La preuve en est avec les images chocs de la « mer de déchets » de la photographe Caroline Power ou encore avec la vidéo du plongeur britannique Rich Horner. Selon le site Planetoscope, entre 6,5 et 8 millions de tonnes de déchets plastiques sont déversés dans les océans chaque année. Si rien n’est fait, la Fondation Ellen MacArthur estime qu’il pourrait y avoir en poids davantage d’ordures que de poissons d’ici 2050. Une nouvelle étude publiée le 22 mars dernier dans la revue Scientific Reports (en anglais) montre que la situation est plus alarmante que prévue. Et pour cause, une équipe de chercheurs a révélé que 80 000 tonnes de déchets plastiques (environ 500 avions gros porteurs), soit 1,8 billion de morceaux, flottaient actuellement dans l’océan Pacifique.

Cette décharge, aussi connue comme la « grande zone d’ordures du Pacifique » (Great Pacific Garbage Patch, GPGP), se situe à mi-chemin entre Hawaï et la Californie. Les auteurs de l’étude estiment que chaque kilomètre carré contient plus d’un kilo de plastique et donc que l’ensemble de ces ordures s’étend sur une surface d’environ 1,6 million de kilomètres, soit trois fois la taille de la France ou quatre fois celle de la Californie. Une estimation quatre à 16 fois supérieure aux deux dernières études, soulignent les chercheurs de l’étude. Pour ces derniers, cela pourrait être dû aux méthodes d’analyse qui seraient plus fiables de nos jours. Par ailleurs, les précédentes enquêtes se concentraient principalement sur les microplastiques.

99,9% des déchets sont du plastique

Pour arriver à de telles conclusions, les chercheurs ont fait récolter 1,2 million d’échantillons. La zone a également été survolée à plusieurs reprises. Concrètement, 99,9% des déchets ramassés sont du plastique. Cependant, surprise, seulement 8% de la masse contient des microplastiques, soit des morceaux dont la taille est inférieure à cinq millimètres. En majorité, il s’agit de déchets de pêche. « Nous avons été surpris par la quantité de gros objets en plastique que nous avons rencontré », a déclaré le Dr Julia Reisser, scientifique en chef des expéditions, dont les propos ont été repris dans un communiqué (en anglais). « Nous avions l’habitude de penser que la plupart des débris étaient des petits fragments », a-t-elle poursuivi. Interrogé par l’AFP, Laurent Lebreton, l’auteur principal de l’étude et membre de la Fondation Ocean Cleanup, explique que ces ordures « tuent beaucoup de poissons, de tortures, et de mammifères marins ».

Malgré tout, il tient à préciser que la présence de gros débris est « plutôt une bonne nouvelle ». Ces derniers « sont bien plus faciles à collecter ». De son côté, Boyan Slat, le fondateur d’Ocean Cleanup a indiqué dans ce même communiqué que « ces résultats nous fournissent des données-clés pour développer et tester notre technologie de nettoyage, mais il souligne également l’urgence de traiter le problème de la pollution plastique ». « Puisque les résultats indiquent que la quantité de microplastiques dangereux devrait augmenter de plus de dix fois si on les fragmente, le moment est venu de commencer », a-t-il ajouté.

Une barrière flottante pour dépolluer les océans

Face à ce désastre écologique, ce jeune néerlandais a de la suite dans les idées et ne compte pas être fataliste. Il est d’ailleurs déjà passé à l’action. En 2012, Boyan Slat a ainsi imaginé une barrière flottante capable de dépolluer les océans. Après quatre ans de travail, de tests, de campagnes de financement et avec l’aide de 75 ingénieurs, son rêve devient réalité. Le tout premier prototype (de 100 mètres de long) a été testé pour la toute première fois en juin 2016 en mer du Nord, à 23 kilomètres des côtes néerlandaises. En mai dernier, la Fondation a annoncé qu’au cours des 12 prochains mois la barrière flottante allait être améliorée afin qu’elle puisse vider de moitié la GPGP d’ici cinq ans. Le début du nettoyage devrait normalement commencer dans la première moitié de 2018, soit avec deux ans d’avance sur la date annoncée initialement. Pour l’heure, des essais ont déjà eu lieu fin 2017 près de la côte ouest américaine. Malheureusement, cette barrière ne capture que des morceaux dont la taille est supérieure à un centimètre, laissant ainsi les microplastiques dans les océans.

 

Marie Bascoulergue

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