« Fashion Revolution Week » : consommer la mode autrement

Publié le 23 avril 2018 à 11:50 Aujourd'hui | 1428 vues

Du 23 au 29 avril 2018, c’est la « Fashion Revolution Week », une semaine pour consommer la mode autrement et s’interroger sur ceux qui la fabriquent.

L’industrie textile est la deuxième grande cause de pollution mondiale. En novembre 2017, un rapport de la Fondation Ellen MacArthur établissait que les déchets textiles émettaient plus de Co2 que les transports aériens et maritimes réunis. En 2015, la mode représentait 2% du budget carbone de la planète. Dans le monde, ce sont 80 milliards de vêtements annuellement produits par les entreprises. D’après le documentaire « Vêtements, n’en jetez plus ! » diffusé en 2016, une femme achète en moyenne 30 kg de textile par an mais en France seulement 2,5 kilos sont recyclés par la suite, un gaspillage sans précédent. Dans les pays en voie de développement, l’industrie textile créé également un travail inégalitaire et des catastrophes humaines intolérables. Comme il est précisé sur le site de Fashion Revolution Week France, « le 24 Avril 2013 à Dhaka au Bangladesh, le nom du Rana Plaza est devenu tristement célèbre dans le monde entier. L’effondrement des ateliers de confection textile a causé la mort de 1 133 personnes et plus de 2 500 ont été blessées ». L’année suivante en Grande-Bretagne, les créatrices de mode engagées Carry Somers et Orsola De Castro ont lancé un collectif et une journée « Fashion Revolution » pour valoriser une mode éthique et responsable, une initiative qui s’est depuis étendue à une semaine. Célébré dans plus de 130 pays, l’événement se déroule cette année du 23 au 29 avril et incite à « consommer la mode autrement, à s’interroger sur ceux qui la fabriquent et à réfléchir aux atteintes portées à l’homme et à l’environnement tout au long de ce processus complexe, impliquant de nombreuses opérations de par le monde ».

#WhoMadeMyClothes

Opposée au « Fast Fashion », la Fashion Revolution Week promeut le concept de « Slow Fashion », une manière nouvelle de concevoir la mode. Au lieu de la consommer comme un produit jetable, il est question de se reconnecter avec ses vêtements, les réutiliser, et les choisir en fonction de ce qu’on est vraiment. Pour une consommation durable et responsable, il importe aujourd’hui de se questionner sur l’origine de ce que l’on porte. Pour alerter les multinationales sur ce critère, le collectif Fashion Revolution « incite ceux qui aiment et consomment la mode à se demander qui a fait leurs vêtements, à imaginer le chemin qu’ils ont suivi depuis le cultivateur de la matière première, jusqu’au confectionneur et au distributeur en passant par le filateur, le tisseur et l’ennoblisseur. Et à poser la question à leurs marques préférées via les réseaux sociaux ». Ainsi, « chaque jour de la semaine, chacun est invité à choisir une pièce dans son dressing, à se prendre en photo avec l’étiquette apparente et à interpeller la marque en postant la photo sur les réseaux sociaux avec le hashtag :#WhoMadeMyClothes » (« Qui a fait mes vêtements », en français). Par exemple sur Twitter, une internaute nommée @wellfashioneduk a posté une photo de l’étiquette de sa robe (visible ci-dessous) en interpellant Marks & Spencer pour savoir qui a créé sa robe et ce que la marque fait pour la Fashion Revolution.

Un guide disponible en anglais nous invite également à réaliser des vidéos avec le hashtag « #haulternative ». Populaires sur Youtube et prisées par les Youtubeuses beauté, les vidéos hauls consistent normalement à montrer devant sa caméra les nouveaux vêtements que l’on a acheté. Pour la semaine de la Fashion Revolution Week, le but est de trouver comment on peut rafraîchir sa garde-robe sans rien acheter de nouveau. Le guide propose plusieurs thématiques : le « Fashion Fix » où l’on montre comment facilement réparer ses vieux vêtements, le « broken and beautiful » où on encense les vêtements que l’on aime qu’on continue à porter même s’ils sont déchirés, le « 2hand » en présentant des habits de seconde main (achetés dans des friperies par exemple), le « swap » qui consiste à échanger avec quelqu’un d’autre les vêtements que l’on a déjà, ou encore le « DIY » (Do it Yourself) où l’on transforme une pièce qu’on ne porte plus depuis longtemps.

Enfin, il est possible d’assister à divers événements dans la capitale tout au long de la semaine, comme à une collecte de vêtements streetwears qui seront ensuite « upcyclés » et utilisés pour un défilé de mode et des ateliers participatifs chaperonnés par des créateurs. Demain, 24 avril 2018, de 17h30 à 22h est prévue une grande marche à Paris pour commémorer l’effondrement du Rana Plaza. Le cortège partira de République au 36, rue Beaurepaire, 75010, et remontera le canal Saint-Martin jusqu’aux Canaux, Maison des économies solidaires et innovantes, située au 6, quai de la Seine, où se tiendra une soirée. Après le drame du Rana Plaza, une loi avait été adoptée à l’Assemblée nationale le 30 mars 2015 pour renforcer les mesures de surveillance des sociétés mères (qui ont plus de 5 000 salariés) sur les droits humains des travailleurs qui fabriquent leurs produits. Actuellement, le Bangladesh est toujours le deuxième exportateur mondial de vêtements, notamment pour sa large main-d’oeuvre (le Bangladesh est le plus peuplé des 48 « pays les moins avancés » définis par l’ONU, avec 150 millions d’habitants) et son faible coût.

Claire Lebrun

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