Glyphosate : un couple de l’Isère porte plainte contre Monsanto

Publié le 4 octobre 2017 à 16:27 Aujourd'hui | 983 vues

Les parents d’un enfant handicapé de 10 ans ont annoncé qu’ils allaient porter plainte contre les fabricants d’herbicides à base de glyphosate, dont le géant américain Monsanto. Selon la mère, exposée à la substance lors de sa grossesse, le pesticide est responsable des malformations et souffrances de son petit garçon Théo.

« Mes amis, il est temps de vous faire part de notre décision d’attaquer les fabricants et distributeurs de désherbant à base de glyphosate en justice pour leur responsabilité dans la mise sur le marché de désherbants à base de glyphosate, qui ont causé les malformations et les souffrances de Théo », a annoncé mardi 3 octobre dans un post Facebook, Sabine Grataloup, la mère du petit garçon âgé de 10 ans. Né avec de graves malformations de l’œsophage et du larynx, le garçonnet, qui respire depuis grâce à une trachéotomie, va bientôt subir sa 52e opération. Pour Sabine Grataloup, il n’y a aucun doute, le glyphosate qu’elle a utilisé quand elle était enceinte est responsable du grave handicap de son fils. « J’ai eu vraiment une exposition très importante, exactement au moment où se formaient les organes qui ont été mal formés après », explique la maman de Théo sur RTL. Celle-ci avait utilisé du Glyper, un générique de Monsanto, pour désherber la carrière d’équitation familiale.

« Nous devons le faire aussi pour protéger les enfants à venir »

Les parents ont donc décidé de porter plainte contre les fabricants d’herbicides à base de glyphosate, dont le géant américain Monsanto qui commercialise le fameux Roundup. « Ça devrait être fait d’ici une quinzaine de jours », a déclaré à l’AFP le père du petit garçon, Thomas Grataloup. « Nous devons le faire, avant tout pour Théo qui aura à faire face toute sa vie aux conséquences de son exposition in utero à un produit qui n’aurait pas dû être sur le marché. Nous devons le faire aussi pour protéger les enfants à venir, devant la difficulté des politiques à réagir de façon efficace et indépendante face à cette menace de santé publique », a ajouté sur Facebook Sabine Grataloup, qui a participé en octobre 2016 aux débats du « Tribunal Monsanto ».

Les avocats de la famille doivent désormais prouver le lien entre les malformations de Théo et le glyphosate. Un combat qui s’annonce difficile. La dangerosité du glyphosate divise. En mars 2015, le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) avait inscrit la substance comme cancérogène « probable ». En novembre 2015, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) avait elle estimé qu’il n’y avait pas de raison de classer la substance comme cancérogène. Un avis rejoint en mars 2017 par l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA).

La licence dans l’UE du glyphosate renouvelée ?

La licence du glyphosate expire fin 2017, et les États membres devront bientôt voter pour ou contre la proposition de la Commission européenne de renouveler pour dix ans la licence de l’herbicide dans l’Union européenne. Pour rappel, en 2016, la Commission avait déjà été amenée à voter sur l’autorisation du glyphosate. À cette époque, la France et Malte s’étaient opposées à un renouvellement. Sept autres pays s’étaient abstenus, dont l’Italie et l’Allemagne. Faute d’entente entre les États, Bruxelles avait alors prolongé l’autorisation de l’herbicide pour 18 mois, dans l’attente de nouveaux avis d’agences européennes. L’avis rendu par l’ECHA risque de peser dans la balance. Fin août, le ministère de la Transition écologique et solidaire a fait savoir que la France s’opposera au renouvellement du glyphosate. L’opposition de la France laisse quelques espoirs puisqu’une majorité qualifiée est requise dans ce dossier très sensible. Un comité d’experts se réunit jeudi 5 et vendredi 6 octobre à Bruxelles.

En mars 2017, la justice américaine a déclassifié plus de 250 pages de correspondance interne de Monsanto. Dans ces derniers, on y apprenait que le géant américain de l’agrochimie était conscient, dès 1999, du potentiel mutagène du glyphosate. Les révélations ne s’arrêtent pas là, comme le rapporte Le Monde ce mercredi 4 octobre. Le quotidien, qui s’est replongé dans les documents internes de Monsanto, les « Monsanto Papers », montre comment la firme « a fait paraître des articles coécrits par ses employés et signés par des scientifiques pour contrer les informations dénonçant la toxicité du glyphosate ».

Marine VAUTRIN

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