Hameçons, fils cassés : les déchets de pêche tuent des milliers d’animaux

Publié le 15 mars 2018 à 11:41 Aujourd'hui | 1263 vues

Fils de pêche cassés, plombs, leurres, hameçons… Ces déchets de pêche, en plus de polluer, piègent et tuent chaque année des milliers d’animaux. À l’occasion de l’ouverture de la pêche pour les rivières de catégorie 1, qui s’est déroulée samedi 10 mars, l’Association pour la protection des animaux sauvages (ASPAS) appelle les pêcheurs à la vigilance. 

Depuis quelques jours, les aficionados de la pêche peuvent assouvir leur passion et dégainer leur canne et leurs appâts pour notamment capturer des truites. L’ouverture de la pêche pour les rivières de catégorie 1 a en effet eu lieu samedi 10 mars. Reste que cette activité pratiquée par des milliers de Français peut avoir de terribles conséquences sur la faune. En cause : les déchets de pêche oubliés par certains pêcheurs. Hameçons, fils de pêche cassés, bas de lignes, cuillères, flotteurs, plombs… Ceux-ci, « qui en plus de polluer, mutilent, voire tuent des animaux au terme d’une agonie sans nom », alerte l’Association pour la protection des animaux sauvages (ASPAS). « Les espèces animales victimes d’enchevêtrements ou d’étouffements dus aux résidus de matériel de pêche ne se limitent pas aux poissons. Des oiseaux et des mammifères se retrouvent aussi pris au piège », rappelle-t-elle. Chaque année, des milliers d’animaux meurent à cause de ces déchets.

Hameçons et fils de pêche meurtriers

Un hameçon avalé par un animal peut rester coincé dans sa bouche. Il peut aussi être avalé et se planter dans l’œsophage et alors performer l’estomac de sa victime. « Cette obstruction très douloureuse empêche toute alimentation. L’hameçon peut parfois infecter l’animal, entraînant une lente et douloureuse agonie », précise l’ASPAS. Autre objet dangereux : les fils de pêche. Ceux-ci peuvent atterrir dans les arbres, lorsqu’un pêcheur rate son lancer. Les hiboux, milans noirs, merles et même les chauves-souris peuvent s’y empêtrer en plein vol. Ils « se débattent jusqu’à épuisement, se pendent ou se noient ». Les fils de pêche peuvent aussi se nouer autour des membres des animaux, formant des garrots pouvant entraîner une nécrose et condamner l’animal. « Les blessures des animaux récupérés dans les centres de soins sont parfois si profondes que l’animal ne peut qu’être amputé d’une aile ou d’une patte ou euthanasié », ajoute l’association.

Les équipements de pêche ne sont pas les seuls responsables. Parmi les autres déchets dangereux souvent abandonnés par les pêcheurs, on trouve les emballages alimentaires, les canettes et les bouteilles. Attirés par le sucre résiduel, de nombreux insectes, lézards et micromammifères pénètrent par le goulot et se retrouvent alors piégés.

Pour éviter que la saison de la pêche ne finisse en massacre, l’ASPAS, en association avec l’ONG Sea Shepherd, appelle ainsi les pêcheurs à adopter un comportement plus responsable. Dans un fascicule, elle recommande aux amateurs de ne pas laisser traîner des résidus de matériel de pêche, d’éviter de pêcher dans des zones à risque d’accrochage, de ramasser ses déchets et ceux abandonnés par d’autres pêcheurs ou encore de vérifier l’état de son matériel. « Un matériel de pêche en mauvais état représente un risque supplémentaire pour la biodiversité, des lignes de pêche usées étant susceptibles de casser plus facilement », rappelle l’association.

Marine VAUTRIN

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