Haut et très haut débit dès 2020, une promesse réalisable ?

Publié le 19 juillet 2017 à 11:43 Aujourd'hui | 744 vues

Le président de la République, Emmanuel Macron, a annoncé lors de la conférence des territoires, lundi 17 juillet, vouloir avancer à 2020 l’objectif de couverture en haut et très haut débit de l’Hexagone. Mais cette accélération cache des objectifs bien moins ambitieux. 

Lors de la conférence nationale des territoires réunie lundi 17 juillet au Sénat, le président de la République a annoncé vouloir accélérer les objectifs de déploiement des réseaux Internet et ce, sur l’ensemble du territoire. Avec cette annonce, il rend inexact le calendrier que le Premier ministre, Édouard Philippe, avait annoncé le 7 juillet lors de sa déclaration de politique générale. La couverture totale est donc prévue pour 2020 plutôt qu’en 2022. « Je vous dis fin 2020, car je sais que j’aurai encore l’année 2021 pour pouvoir rattraper les retards », a-t-il déclaré lors de la conférence. Cette mesure intervient dans le cadre du plan France très haut débit signé en 2013. L’Etat s’était engagé à couvrir 100% de la population française en très haut débit d’ici 2022.

Emmanuel Macron joue avec les mots

Outre le fait d’avancer la date butoir de deux ans, le chef de l’État change d’objectif. Désormais, celui qui parlait de très haut débit il y a encore quelques mois, parle de haut débit. Il souhaite que des lignes inférieures à 30 mégabits par seconde remplacent la couverture en très haut débit dans certaines zones. Il « envisage les complémentarités technologiques » entre la fibre optique, le mobile et en particulier l’Internet mobile ou satellite, car le président de la République juge « impossible de tenir la promesse de tirer de la fibre dans tous les logements de la République ». « Cette promesse est intenable technologiquement et financièrement », a-t-il insisté.

Pourtant, Emmanuel Macron semble oublier qu’aujourd’hui la France est presque intégralement couverte par le haut débit. On compte plus de 30 millions de lignes de cuivre sur l’ensemble du territoire. Selon l’Arcep, le très haut débit commence au-dessus des 30 mégabits par seconde. Le haut débit est situé pour sa part entre 512 kilobits et 30 mégabits par seconde. Ce qui est présenté comme une simple « accélération » n’est en fait qu’un abaissement des objectifs.

5 milliards d’euros d’investissement par an

Le chantier engagé par l’ancien gouvernement était déjà colossal pour aboutir à 100% de la population couverte en 2022, particulièrement dans les zones rurales et les villes de taille moyenne. Ce plan nécessiterait 15 à 16 milliards d’euros d’investissement, soit 5 milliards d’euros par an jusqu’à fin 2020. C’est l’équivalent de ce que l’ensemble des opérateurs investissent par an. Emmanuel Macron a donc annoncé que l’État « affectera une part du grand plan d’investissement à cette priorité pour, là où c’est nécessaire, là où des carences sont constatées, pour se substituer aux opérateurs défaillants ». Il souhaite aussi prendre « des mesures nouvelles d’incitation et de contrainte à l’égard des opérateurs de téléphonie ».

Alice Glaz

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