Des larves de mouches pour valoriser les déchets organiques

Publié le 23 novembre 2017 à 10:23 Aujourd'hui | 1533 vues

La start-up française NextAlim développe depuis quelque temps un système innovant pour réduire de façon économique et écologique le nombre de déchets organiques. Pour cela, elle utilise des larves de mouches. 

En France, nous produisons chaque année près de 800 millions de tonnes de déchets, dont 350 millions de tonnes de déchets organiques, estime Planétoscope (organisme de statistiques mondiales en temps réel sur l’écologie, la pollution, la démographie etc). Pourtant des solutions existent pour faire disparaître ces détritus comme l’incinération, le compost ou encore le recyclage. Afin de réduire le nombre de déchets organiques de manière économique et écologique, la start-up NextAlim mise sur des larves de mouches baptisées Black Soldier Fly (mouches soldats noires en français) ou Hermatia illucens, de son nom scientifique.

Jusqu’à 4 000 tonnes de larves par an

Présente naturellement en France, la Black Soldier Fly est détritivore. Autrement dit, elle est capable de traiter une grande quantité de déchets sans en produire. C’est plus précisément sa larve qui permet de valoriser un grand nombre de biodéchets et de produits alimentaires. Concrètement, les insectes vont manger une sorte de « soupe » de matières organiques provenant du secteur agricole, agroalimentaire et des invendus des supermarchés. Lorsqu’elles ont terminé, ce qui reste va servir de fertilisant dans l’agriculture biologique. Les insectes seront quant à eux transformés en graisses et protéines, puis serviront à l’alimentation animale. Cependant, cela servira uniquement pour la nourriture d’animaux domestiques (pet-food) et dans la pisciculture (interdit jusqu’au 1er juillet dernier), précise Jean-François Kleinfinger, président de NextAlim. Cela fait suite à une réglementation suivant l’épisode de la vache folle qui interdit de donner des produits carnés (mouches comprises) aux animaux d’élevages (poules, cochons, etc). Actuellement NextAlim travaille durement pour que cette réglementation évolue et s’ouvre à d’autres marchés.

Pour l’heure, le procédé n’est pas expérimenté à grande échelle. Les locaux se trouvent près de Poitiers. Cependant, la start-up a réussi une première levée de fonds de plusieurs millions d’euros auprès de partenaires privés et publics. Ce qui a permis de construire de meilleurs locaux et d’améliorer la qualité de leurs expériences. D’ailleurs, d’ici à fin 2018, NextAlim sera capable de traiter 1 tonne par semaine. Pour augmenter le nombre d’insectes, la start-up joue avec différents paramètres comme la lumière, la température, ou encore… la musique. Récemment l’entreprise a investi dans une usine de 5 000 m² permettant ainsi de produire jusqu’à 10 tonnes de larves par jour pour un total de 40 tonnes de biodéchets recyclés.

Marie Bascoulergue

  1. il est interdit de nourrir des animaux de rente avec des déchets.
    voir texte CE 183-2005. les animaux de rentes ne se nourrissent qu’avec des « produits ».

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