L’auto-école, un secteur où la législation n’est pas vraiment respectée

Publié le 22 septembre 2016 à 9:00 Aujourd'hui | 1469 vues

L’UFC-Que Choisir a publié, mercredi 21 septembre, les résultats de son enquête menée dans de nombreuses auto-écoles. L’association de défense des consommateurs pointe du doigt les failles « de l’actuelle réglementation et la persistance de mauvaises pratiques ».

Coût du permis de conduire trop élevé, absence d’affichage des tarifs, faux taux de réussite, disparités géographiques… : l’UFC-Que Choisir a souhaité disgracier les pratiques du secteur de l’auto-école dans un rapport publié mercredi 21 septembre sur son site Internet. Selon l’association de défense des consommateurs, de nombreuses auto-écoles ne respectent pas la législation en vigueur. L’étude, menée auprès de 1 374 auto-écoles de France, dénonce les « les failles béantes de l’actuelle réglementation et la persistance de mauvaises pratiques ».

Le coût du permis de conduire varie en fonction de sa géographie

Passer son permis coûte cher, voire même très cher. Alors quand on est étudiant ou sans emploi, il vaut mieux mettre un peu d’argent de côté. Le prix de la formation au permis B coûte 1 155 euros pour 20 heures de conduite (avec formation au code et frais de dossier compris). Pour un forfait de base de 35 heures, 15 heures supplémentaires sont ajoutées pour un apprenti conducteur : le coût national moyen s’élève alors à 1 804 euros.

Selon le département où passer son permis, les tarifs s’envolent très vite ! Ainsi, il est moins cher d’obtenir son sésame sur le Territoire de Belfort (1468 euros), puis dans le Nord (1484 euros) et enfin en Nouvelle-Calédonie (1551 euros). En revanche, il revient plus cher de le passer à Paris (2140 euros), en Haute-Savoie (2129 euros) et dans les Yvelines (2104 euros). Le prix de la formation n’a rien à voir avec la qualité de l’enseignement apporté puisque, dans 51,3% des cas, « l’auto-école la plus chère d’un département a un taux de réussite réel à l’examen pratique égal ou inférieur à celui de l’auto-école la moins chère ! ».

Le prix élevé d’une heure supplémentaire (environ 43 euros de l’heure) freine certains jeunes conducteurs qui souhaitent s’améliorer. Alors que pratiquer la conduite permettrait d’accroître « les chances d’obtention de l’examen et de diminuer les risques d’accidents pour les jeunes conducteurs ».

Certaines auto-écoles sont en infraction

L’UFC-Que Choisir note que 6,5% des auto-écoles étudiées ne proposent pas l’heure d’évaluation obligatoire aux apprentis conducteurs.

Autre obligation non respectée : l’affichage des tarifs proposés sur la devanture de l’auto-école. Plus de 20% des établissements ne procèdent pas à un affichage extérieur du prix du forfait de base alors qu’il est obligatoire de le faire. Parfois, c’est uniquement le prix de certaines prestations qui n’est pas indiqué, comme les frais de dossier par exemple.

Ce qui n’est pas affiché non plus, c’est le taux de réussite. L’absence de réglementation sur l’affichage de ces taux aboutit à « d’inacceptables dérapages ». Ce sont près de 40% des auto-écoles qui surestiment de 10 points les chiffres réels !

Quid des frais de présentation aux épreuves (écrite et pratique) du permis ? Depuis la loi Macron de 2015, cette prestation ne peut plus être facturée au candidat. Si toutefois un véhicule ou une personne est mobilisé(e) pour le candidat lors de l’épreuve pratique, le service peut être facturé au prix d’une heure de conduite maximum. La majorité des auto-écoles sont en infraction avec la loi puisqu’elles sont « 51,2 % à facturer l’accompagnement à l’examen théorique général (le « code ») à un prix supérieur à celui d’une heure de conduite », rapporte l’étude.

UFC-Que Choisir préconise plusieurs réformes dans le secteur

« Soucieuse de garantir aux consommateurs un accès de qualité à la conduite à des prix raisonnables », l’UFC-Que Choisir demande aux pouvoirs publics de mettre en place un système d’inscription directe des candidats à l’examen pratique qui serait « plus sain et juste ». Actuellement, les établissements plus anciens bénéficient de plus de places aux épreuves comparé à une auto-école nouvellement créée. Ceci freine la concurrence et handicape les candidats libres qui doivent attendre plus longtemps que les autres.

L’association propose également la création d’un cadre juridique et d’un statut « d’accompagnateur professionnel certifié ». Le premier autoriserait la création d’auto-écoles en ligne qui pourraient « bénéficier des économies permises par Internet », le second permettrait de diminuer le coût des heures supplémentaires de conduite.

L’UFC-Que Choisir met à disposition une carte interactive, disponible ici, qui affiche les taux de réussite aux examens théorique et pratique (communiqués par le ministère de l’Intérieur).

permis-ufc

Roumaissa Benahmed

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