Le tourisme cause 8% des émissions de gaz à effet de serre

Publié le 9 mai 2018 à 12:14 Aujourd'hui | 1146 vues

Selon une étude publiée lundi 7 mai 2018 dans la revue « Nature Climate Change », le tourisme serait responsable de 8% des émissions de gaz à effet de serre. Un résultat qui prend en compte la consommation des transports mais aussi celle des biens et des services.

En 2013, le secteur du tourisme a émis 4,5 milliards de tonnes de dioxyde de carbone, soit 8% des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES), contre 3,9 milliards de tonnes en 2009. C’est ce qu’affirme une étude réalisée par l’université australienne Manfred Lenzen sur le tourisme de 160 pays entre 2009 et 2013. Les études antérieures situaient l’émission de gaz à effet de serre du tourisme à seulement 2,5-3%. Mais à contrario des rapports précédents, l’étude australienne ne s’est pas seulement astreinte aux transports. Elle a combiné l’étude de ces derniers aux biens de consommation (comme les achats divers) et aux services qu’utilisent le plus les touristes (comme la restauration et les hôtels). Une nouvelle analyse qui atteste les dégâts considérables du tourisme mondial. En augmentant l’émission de gaz à effet de serre, ce dernier aggrave le réchauffement climatique qui implique la montée des eaux, la fonte de l’Antarctique, le blanchissement de la barrière de corail, ou encore les déplacements de population. D’après l’étude, les États-Unis sont les plus gros producteurs de GES avec un quart des émissions touristiques mondiales à leur actif. Viennent ensuite les Chinois qui en produisent 17%, l’Allemagne, l’Inde, mais aussi le Mexique, le Brésil, le Canada, le Japon, la Russie et le Royaume-Uni. « Dans les pays comme les Maldives, l’île Maurice, Chypre ou les Seychelles, le tourisme international représente 30 à 80% des émissions nationales d’empreinte carbone ». Bien que l’étude nous apprenne que ce sont les voyages intérieurs qui sont la source la plus importante de GES, l’empreinte des états insulaires résulte majoritairement des voyages internationaux des touristes qui viennent chez eux. Une augmentation due aux classes aisées qui voyagent plus qu’auparavant.

En effet, « alors que le développement économique global progresse, spécialement parmi les pays aux revenus élevés et aux régions au développement économique rapide, la demande de voyage a grandi bien plus vite que la consommation d’autres produits et services. Guidé par le désir de voyages exotiques et par une confiance croissante en l’aviation, le tourisme est devenu une catégorie de consommation d’empreinte carbone intensive ». Ainsi « la demande mondiale de tourisme est supérieure au rythme de dé-carbonisation des opérations touristiques et par conséquent accélère les émissions mondiales de carbone ».

Le secteur du tourisme pourrait dépasser 6,5 milliards de tonnes d’émissions en 2025

Le tourisme mondial est en progression. Selon les dernières données de l’Organisation Mondiale du Tourisme (OMT), « les arrivées de touristes internationaux ont bondi d’un remarquable 7% pour atteindre un total de 1,322 milliard ». Les arrivées de touristes en Europe ont atteint 671 millions en 2017, une progression de 8% depuis 2016. L’Asie-Pacifique a également progressé de 6% en accueillant en 2017 324 millions de touristes internationaux et le Moyen-Orient de 5% avec 58 millions d’arrivées comptabilisées la même année. Un « élan vigoureux » pour le tourisme international qui devrait « se poursuivre en 2018, à un rythme de 4% à 5% ». Si rien ne change, le secteur du tourisme dégagera 6,5 milliards de tonnes d’émissions en 2025, constituant alors la première source de gaz à effet de serre mondial.

Pour pallier les activités touristiques polluantes, des alternatives existent. Le rapport préconise de reconnaître le lien entre tourisme et émissions de gaz à effet de serre qui est aujourd’hui encore trop sous-estimé. Aussi il souligne les propositions stratégiques de l’OMT comme celle d’encourager les voyageurs à choisir des destinations qui requiert moins de transport (surtout d’aviation). Depuis 2016, la plateforme collaborative « Voy’Agir » propose de trouver des restaurants, des activités et des hébergements respectueux de l’environnement partout dans le monde pour faciliter le tourisme responsable. Pour réaliser des vacances éco-responsables, vous pouvez aussi consulter notre guide qui récapitule les gestes quotidiens à adopter pour un tourisme plus écologique. Il faut notamment respecter les espaces naturels quand vous y pénétrez, et faire en sorte de le laisser en l’état où il était avant votre arrivée, conserver ses aliments dans des Tupperware, consommer local et de saison, préférer parfois des activités douces comme le paddle plutôt que le jet-ski (qui est très polluant), et des achats souvenirs « artisanaux » plutôt que « Made in China ».

Mais l’étude australienne se veut prudente : ces stratégies ont des succès limités étant donné qu’un comportement responsable n’a pas permis de réduire l’empreinte carbone du tourisme. Aussi, 15% des émissions du tourisme mondial n’ont actuellement pas d’engagement pour réduire les émissions de l’aviation internationale. En outre, les États-Unis, plus gros fournisseur d’émissions touristiques, sont sortie de l’accord de Paris sur décision de Donald Trump le 1er juin 2017. À l’avenir et selon les universitaires, « une taxe carbone », particulièrement pour l’aviation, pourrait être requise afin de réduire « la future croissance non maîtrisée des émissions du tourisme ».

Claire Lebrun

  1. Bonjour,
    L’impact de l’activité touristique dans les émissions de GES n’est pas nouvelle et ne fait que s’accélérer depuis les dernières années. Une chose importante à considérer est ce que l’on fait en vacances, comment on s’y déplace, où l’on est hébergé et comment on explore le lieu où l’on réside. Cette réflexion, elle est au coeur de ce que l’on nomme tourisme vert, tourisme durable ou éco-responsable. Il est important de mentionner tout le travail effectué au sein des espaces naturels protégés à travers la Charte Européenne du Tourisme Durable (CETD). Depuis 2014, les premiers opérateurs de voyages ont été certifiés (à commencer par Languedoc Nature) avec la mise en place d’une offre séjours co-construite ou évaluée comme conforme à la CETD.
    Pour poursuivre la réflexion et y voir en effet plus clair, j’invite le plus grand nombre à se rendre à « Sol & Écotourismo » (à l’initiative de l’association Voyageurs et Voyagistes Eco-responsables – V.V.E), le 1er Salon International de l’Écotourisme , du voyage solidaire et participatif qui aura lieu à Grenoble les 1er et 2 décembre 2018. Pour tout savoir sur cette question et rencontrer les acteurs de terrain (toujours aussi absents des discours) : https://www.forumnationaltourismeresponsable.com/
    Vous y rencontrerez des structures, dont des séjours sont labellisés par les Parcs nationaux et naturels régionaux dans le cadre de la mise en application de la charte Européenne du Développement Durable.
    Bien cordialement.
    Frédéric Certain – Languedoc Nature
    Certifié CETD et membre de l’association V.V.E »

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