mustela se lance dans la recharge

L’avenir des produits de soin est-il dans la recharge ?

Publié le 28 septembre 2021 à 15:23 Aujourd'hui

Mustela vient de présenter les résultats d’un test de bouteilles rechargeables avec son gel lavant certifié bio pour bébés dans 2 pharmacies pilotes. Forte des résultats d’une analyse de cycle de vie qui a permis d’améliorer l’offre, la marque étend l’expérience à 21 pharmacies dans toute la France, et 2 références produit. Mais un développement à plus grande échelle est-il vraiment envisageable ?

Engagée depuis 15 ans dans une démarche RSE nourrie, que la marque a souhaitée formaliser via le label exigeant B-Corp en 2018, Mustela applique un principe simple « on a tous notre part à faire ».

Dans cette logique, la marque est embarquée dans une démarche dite des 4 R : Réduire, Réutiliser, Réparer, Recycler. Elle veille, depuis 2010, à mener une politique d’éco-conception, notamment au sujet des emballages, pour diminuer ses impacts sur la planète et les hommes.
Mustela estime ainsi avoir économisé 145 tonnes de plastique et 65 tonnes de carton entre 2010 et 2020 grâce à ces efforts et l’investissement dans des flacons recyclables selon les critères de tri du marché français.*

C’est donc naturellement que Mustela a pris en 2020 le chemin du vrac.

Le vrac, un marché en pleine expansion

Ralenti par la pandémie de la Covid avec seulement une augmentation de 8 % en 2020 versus +41 % entre 2018 et 2019, le vrac est en cours de généralisation dans le paysage français, avec une très nette avancée du secteur alimentaire en la matière.

En 2020, Mustela s’est toutefois lancé à son tour dans le secteur. Dans deux pharmacies pilotes, la marque a proposé des produits rechargeables : le Gel Lavant certifié Bio pour Bébé et un gel hydroalcoolique.

Le but était de valider l’intérêt pour les clients bien sûr, mais aussi le concept général et la capacité à délivrer un produit exigeant en termes d’hygiène et de sécurité.

Il est alors mis en place un système de consigne (de 3 €) pour ramener le flacon en verre appelé « Reviens » afin qu’il soit nettoyé dans une usine dédiée par Mustela.

Vérifier que la recharge est plus éco-responsable que l’ancien flacon à usage unique

Une Analyse de Cycle de Vie (ACV) consiste à étudier un produit, de l’extraction des matières premières utilisées à sa fin de vie, et d’en déterminer les zones d’amélioration pour réduire les impacts environnementaux et sociétaux.
Tous les impacts de la vie d’un produit sont donc étudiés : fabrication, transports, usage chez le consommateur final… Il s’agit de faire des comparaisons avec d’autres produits, d’autres modes de fabrication, d’autres transports… pour arriver au produit le moins impactant possible.

Suivant cette logique, Mustela a ainsi voulu vérifier que le principe d’une bouteille en verre recyclable était vraiment plus vertueux que le modèle jetable. Il en est ressorti que dès la 3è utilisation du flacon en verre, celui-ci était moins impactant que le flacon en plastique, de l’ordre de -76 % de plastique (logique) et – 220g de CO2 par an (hypothèse de 3 gels lavants de 400 ml à usage unique consommés).

En revanche, un grand bémol a été émis sur l’offre de nettoyage des verres par la marque : en effet, en l’absence d’un maillage plus dense d’usines de nettoyage l’opération est très vite coûteuse en transport routiers, l’un des postes les plus nuisibles en termes d’environnement. Suite à cet enseignement, Mustela a décliné pour la version 2021 un protocole de nettoyage à la maison par les familles elle-même.

Autre bémol : la pompe. Si l’étude de sa structure a permis une évolution de sa forme qui permet d’utiliser le gel « jusqu’à la dernière goutte », la pompe reste aujourd’hui en plastique non recyclable et à usage unique.

La généralisation du vrac est-elle vraiment possible sous cette forme ?

Le principe de distributeurs géants de produits de soins pose question, au-delà des quelques réglages sur le flacon (le risque du « verre » dans une salle de bain avec des enfants ; la non-reclyclabilité actuelle de la pompe…).

Est-ce encore l’avenir de proposer des produits sous forme de gels liquides qui nécessitent beaucoup d’eau ? Quelle sera la forme des officines si demain toutes les marques proposent de grandes machines de vrac qu’il faudra alimenter et nettoyer ? Ne veut-il pas mieux réfléchir à la forme du contenu en lui-même, et envisager des versions solides par exemple, que de ne s’intéresser qu’au contenant ?

Beaucoup de questions restent encore ouvertes. Mais on peut en tout cas applaudir la démarche d’amélioration continue de Mustela. Et l’opération a le mérite de faire réfléchir les clients pour qu’ils aient une consommation plus responsable.

*les centres de tri sont en effet calibrés pour des types de bouteilles et rien n’est aujourd’hui standardisé au niveau international, ce qui complique les efforts de recyclage.

Pour en savoir plus :
En 2021, le Gel Lavant Doux à l’avocat bio et le Gel Lavant certifié Bio et Vegan à l’huile d’olive bio sont proposées dans 21 pharmacies dans toute la France.
Voir la liste des pharmacies partenaires ici

Eléonore Verdy

  1. Beau projet d’avenir pour le réemploi des emballages des produits de soin & hygiène. Merci Mustela d’avoir consulté Uzaje, acteur spécialisé dans le lavage industriel, pour recueillir nos recommandations sur ce projet et aussi faire des tests de lavage dans notre centre de Neuilly-Sur-Marne.

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