O’Claire : la startup qui démocratise l’eau potable pour les pays en voie de développement

Publié le 30 avril 2018 à 9:58 Aujourd'hui | 1728 vues

Le fabriquant de matériel de purification d’eau Sunwaterlife a lancé sa filiale O’Claire en 2017 pour créer une eau locale plus accessible dans les pays en voie de développement. Une initiative jointe par la création d’une valise filtrante et de la crypto-monnaie « Watercoin ».

Co-fondée en 2014 à Toulouse par Christophe Camperi-Ginestet et Hervé Le Berre, la société Sunwaterlife a pour objectif que « l’eau devienne un droit universel ». Selon un rapport publié par l’Unicef en 2014, 750 millions de personnes seraient encore privées d’eau potable, soit 11% de la population mondiale. L’eau contaminée est aussi le premier vecteur de transmission des maladies dans le monde. En 2018 selon l’OMS, « 2 milliards de personnes utilisent des points d’eau contaminés par des matières fécales. L’eau contaminée peut transmettre des maladies comme la diarrhée, la dysenterie, le choléra, la typhoïde et la poliomyélite. On estime que l’eau de boisson contaminée est à l’origine chaque année de plus de 502 000 décès par diarrhée ». Comme il est précisé sur le site de Sunwaterlife, « les villages reculés restent encore privés d’eau potable malgré la présence de puits. Les femmes et enfants « porteurs d’eau » marchent des kilomètres pour s’approvisionner en eau potable, au détriment de leur vie active et de leur éducation… » Le dispositif a aussi vocation à répondre aux situations d’urgence en « acheminant de l’eau potable sur des sites de catastrophes naturelles ». Pour démocratiser l’accès à l’eau potable, la filiale veut « exploiter un réseau décentralisé de production d’eau potable, sous une marque visible, à prix compétitif sur les territoires d’Afrique de l’Ouest, d’Amérique du sud et d’Asie du sud-est ». Pour cela, l’entreprise a initié des projets innovants, comme une valise filtrante avec sa technologie « Aqualink » et le « Watercoin ». La première est un « petit produit capable de produire jusqu’à 300 litres d’eau par heure » comme la décrit Thierry Merquiol à Réponse Conso, co-fondateur de la plateforme de financement collaboratif Wiseed qui aide au développement de Sunwaterlife depuis ses débuts. La valise Aqualink filtre l’eau contaminée d’un lac, d’un fleuve ou d’une mare pour créer de l’eau potable avec un système innovant. Elle est par ailleurs « autonome en énergie », et a une installation qui coûte entre 4000 et 6000 euros.

La valise utilise cinq filtres pour rendre l’eau potable

La valise à roulettes fonctionne avec un système « certifié par l’OTAN ». En effet, un tuyau s’occupe de pomper l’eau polluée grâce à un moteur alimenté par les panneaux solaires. Celle-ci est ensuite nettoyée par le biais de cinq filtres qui bloquent des particules de plus en plus fines. Le premier filtre possède des pores dix fois plus petits qu’un cheveu, il laisse place au second qui bloque les bactéries et les globules rouges, le troisième retient les virus tueurs comme Ebola grâce à des pores de 0,01 micromètre, et les deux derniers stoppent les sels et les pesticides. Le nettoyage produit une eau propre « O’Claire » détenant une composition moyenne de 0,5 mg/L de nitrates, 19 mg de calcium, 0,5 mg de magnésium, 0,62 fluorures, 2,5 mg de sodium, 32 mg de chlorures et un pH de 7.

Cette dernière est vendue à des points de « Kiosk » comme « l’Aqualink home » qui peut produire jusqu’à 360 litres d’eau par heure, à un coût très faible. En effet, un litre d’eau O’Claire coûte de 12 à 15 centimes d’euros en Afrique, de 3 à 10 centimes en Asie où l’eau est moins rare et de 15 à 20 centimes en Bolivie. Le litre d’eau est vendu dans une bonbonne en plastique PET de 10 à 18 litres ou est prélevé par les propres moyens des consommateurs à des « fontaines » qu’ils payent avec une carte électron. La bouteille O’Claire est réutilisable après son premier achat et ses composants sont « entièrement recyclables et réutilisables ». Pour aider au développement de son système de nettoyage, on peut même faire des dons sur un site dédié de la filiale.

Le Watercoin équivaut à un centime d’euro et à un litre d’eau

L’entreprise a également lancé le 22 mars, à l’occasion de la journée mondiale de l’eau, une crypto-monnaie pour encore mieux démocratiser l’accès à l’eau. Le « Watercoin » équivaut à un centime d’euro, contre lequel on peut s’offrir un litre d’eau. « L’intérêt majeur de la cryptomonnaie est d’éviter la corruption »  souligne l’actionnaire d’O’Claire Thierry Merquiol, notamment grâce à la traçabilité de l’eau. « Avant on avait des difficultés à trouver un exploitant correct, soit les filtres n’étaient pas changés soit la maintenance n’était pas assurée ». Aujourd’hui, la filiale O’Claire vend de l’eau en utilisant les matériaux de Sunwaterlife, avec une filiale implantée dans chaque pays en développement où elle se déploie, ce qui permet de mieux gérer la maintenance. Ce sont les salariés de la filière qui garantissent la filtration de l’eau et sa bonne qualité. La cryptomonnaie est aussi un moyen rapide pour effectuer une levée de fonds conséquente. En faisant entrer le Watercoin en bourse, O’Claire espère lever 20 millions d’euros pour installer un réseau de 1 000 « kiosks » à travers le monde, notamment 300 en Amérique latine, 300 en Asie, et 400 entre la Côte d’Ivoire, le Sénégal et le Kenya.

 

Claire Lebrun

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