Le Parlement européen veut venir en aide à la filière apicole

Publié le 2 mars 2018 à 17:32 Aujourd'hui | 1910 vues

À l’occasion d’une session plénière qui s’est déroulée le 1er mars 2018, les députés européens ont appelé l’Union européenne et ses États membres à investir davantage dans la protection des abeilles, la lutte contre le miel frelaté et le soutien aux apiculteurs. 

Actuellement, on ne dénombre pas moins de 20 000 espèces d’abeilles. Malheureusement elles sont menacées. Selon l’Union Nationale de l’Apiculture Française (UNAF), le taux de mortalité dans les ruches en France est passé de 5 à 30% depuis 1995. D’ailleurs, selon la liste rouge européenne, près d’une espèce sur dix d’abeilles est menacée d’extinction. Ces insectes volants sont pourtant indispensables à la biodiversité. Ils permettent de polliniser de nombreuses espèces de plantes, dont certaines en dépendent totalement. Qui dit baisse du nombre d’abeilles, dit baisse de la production de miel. C’est pourquoi, l’Europe est obligé d’en importer. Selon le Parlement européen, 200 000 tonnes de miel, soit 40% de la consommation, sont importées chaque année, notamment depuis la Chine, l’Ukraine, l’Argentine et le Mexique. Cependant, la qualité n’est pas au rendez-vous. Le Centre commun de recherche de la Commission européenne a démontré que 20% « des échantillons prélevés aux frontières extérieures de l’UE ou dans les locaux des importateurs ne respectaient pas les normes de l’UE », rappelle le Parlement européen dans un communiqué. C’est dans ce contexte que les députés européens de la commission de l’agriculture du Parlement avaient exprimé, fin janvier dernier, leur souhait de venir en aide à la filière apicole et notamment en luttant contre l’importation de « faux » miel en provenance de pays tiers.

Désormais, c’est le Parlement européen dans son intégralité qui s’empare du sujet. Jeudi 1er mars dernier, l’instance a appelé « l’UE et ses États membres à investir davantage dans la protection de la santé des abeilles, la lutte contre le miel frelaté et le soutien aux apiculteurs ». Selon les eurodéputés , « l’UE a besoin d’une stratégie à grande échelle et à long terme pour améliorer la santé des abeilles et garantir le repeuplement », a affirmé le Parlement dans une résolution adoptée par 560 voix pour, 27 voix contre et 28 abstentions. Un projet qui a du sens puisque selon le rapporteur et eurodéputé hongrois Norbert Erdős « 76% de la production alimentaire en Europe dépend de la pollinisation. Les abeilles sont donc indispensables à notre sécurité alimentaire. »

Lutter contre l’importation de « faux » miel

Pour lutter contre l’importation de « faux » miel, le Parlement souhaite que ce dernier réponde aux « normes élevées » de l’UE. Il préconise donc que les contrôles aux frontières ainsi que sur le marché intérieur soient harmonisés. « L’ensemble du miel importé devrait être testé et les exigences en matière de traçabilité devraient être renforcées », expliquent les députés. Ces derniers souhaitent également que la Commission européenne mette en place des procédures d’analyse en laboratoire et que les États membres instaurent des sanctions « plus que sévères » aux contrevenants.

Concernant le soutien aux apiculteurs, le Parlement affirme que « l’UE devrait augmenter de 50% le budget des programmes apicoles nationaux et introduire un nouveau régime de soutien aux apiculteurs dans la politique agricole commune pour l’après 2020 ». Les députés proposent également l’instauration de système de compensation en cas de perte de colonies d’abeilles. Ils exhortent aussi les États membres d’informer davantage le public, notamment les enfants, sur les bienfaits du miel et « les utilisations thérapeutiques des produits de l’abeille ».

Le Parlement veut sauver les abeilles

Les demandes du Parlement européen ne s’arrêtent pas là. Afin de protéger au mieux les abeilles, les députés réclament un plan d’action européen pour lutter contre la mortalité de ces insectes et des « programmes de reproduction » afin de produire des abeilles qui puissent résister à des espèces comme le Varroa destructor, le frelon asiatique ou encore la loque américaine. Le développement de médicaments pour « augmenter la disponibilité » des abeilles est recommandé. Le Parlement demande également l’interdiction des pesticides mettant à mal la santé des abeilles, et dont leurs effets néfastes ont été prouvés, ainsi que des « alternatives sûres » pour les apiculteurs. Enfin, les députés européens réclament « une signalisation précoce des périodes de pulvérisation pour éviter de blesser les abeilles ».

Ce n’est pas la première fois que Bruxelles décide de s’engager en faveur de ces insectes volants. Le 11 janvier dernier, la Commission européenne a lancé une consultation publique visant à “recueillir des avis sur le déclin des pollinisateurs afin de contribuer à l’élaboration d’une initiative européenne sur les pollinisateurs”. Les particuliers et les organisations ont jusqu’au 5 avril 2018 pour apporter leur contribution. Pour cela, il suffit de répondre à un questionnaire disponible ici.

 

Marie Bascoulergue

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