Pesticides : la France exporte de l’atrazine vers les pays en voie de développement

Publié le 30 mai 2017 à 12:00 Aujourd'hui | 1325 vues

L’atrazine est un herbicide essentiellement utilisé dans les cultures de maïs et de canne à sucre. Connu pour être un perturbateur endocrinien, celui-ci est interdit au sein de l’Europe et de la France depuis 2004. Pourtant, une étude révélée par une ONG suisse, Plublic Eyes, démontre que la France et d’autres pays européens continuent à exporter ce produit très dangereux vers les pays en voie de développement. 

Très répandu dans les années 1960, l’atrazine est un puissant herbicide très apprécié des exploitants agricoles. En effet celui-ci est doté d’une efficacité redoutable, sa molécule continue 2 à 6 mois après son application, mais il est surtout peu cher. Dangereux pour la santé et l’environnement, l’atrazine est interdit en France depuis 2011 et depuis 2004 en Europe. Une étude de l’Inserm publiée en 2011 dans la revue Environmental Health Perspectives, démontrait que l’atrazine pouvait avoir des effets néfastes sur le développement des fœtus et sur le système neurologique des enfants. Quant à l’agence européenne, elle considère que ce produit est très toxique pour la vie aquatique et qui pourrait endommager certains organes après une exposition trop longue au produit.

Pourtant l’atrazine continue d’être produit par l’entreprise suisse Syngenta. Dans un rapport paru lundi 29 mai, l’ONG Public Eye dénonce les exportations abusives de ce produit par la France et d’autres pays européens. Au total, l’ONG a recensé 142 exportations de la part de la France depuis 2004. Public Eyes tire donc la sonnette d’alarme sur ce commerce extrêmement dangereux et hypocrite de la part des pays européens.

Exportation de l’atrazine vers les pays en développement

L’agence européenne des produits chimiques a constaté plus de 250 exportations de ce produit dans le monde. La France, elle, en a réalisé 142 depuis 2004, dont sept depuis janvier 2017. Les pays destinataires qui reviennent le plus souvent sont l’Azerbaïdjan, le Pakistan, l’Ukraine mais aussi le Soudan. À savoir que depuis 2004, le responsable de ces exportations est le ministère de l’Environnement français. Mais aussi que l’entreprise Syngenta posséderait plusieurs usines sur le territoire français. Ce serait près de 30 millions de litres de fongicides et herbicides en tous genres qui sortiraient de ses usines.

Mais pour autant, la France n’est pas le seul pays mis en cause. La Belgique, l’Italie, l’Espagne, la Suisse ou encore les Pays-Bas exportent ce pesticide dangereux, qui lui, continue d’être utilisé dans les exploitations de maïs ou de canne à sucre. Contactée par de nombreux confrères, l’entreprise Syngenta ne souhaite pas donner d’information sur la production, ni sur les pays de destination. « Cet herbicide homologué est utilisé dans plus de soixante pays dans le monde. Il s’est imposé comme un outil important et efficace pour les agriculteurs dans le désherbage de nombreuses cultures dont le maïs et la canne à sucre », explique Xavier Thévenot porte-parole du groupe Syngenta, au journal Novethic.

Violation des conventions de Bâle et de Bamako

L’ONG précise que ces exportations entrent en contraction avec la convention de Bamako, adoptée en mars 1996. Les pays signataires se sont engagés à interdire l’importation sur leur sol de déchets dangereux et radioactifs. À noter que depuis 2004, la France a exporté vers 33 pays signataires de cette convention, dont le Burkina Faso, le Soudan ou encore la Côte d’Ivoire. Ces exportations entrent en contraction avec la convention de Bâle, qui est similaire à celle de Bamako.

Pour se défendre, l’entreprise s’est exprimée à ce sujet. « L’atrazine est un produit de protection des cultures et n’est donc absolument pas classée comme déchet. Cette convention ne s’applique donc pas à l’atrazine », rétorque la firme.

Alice Glaz

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