Cliché de la Terre vu de l'espace ; le contraste entre les pays du nord et ceux du sud est saisissant.

Pollution lumineuse : quels sont ses effets ?

Publié le 27 juillet 2018 à 13:54 Aujourd'hui | 965 vues

Ce vendredi 27 juillet 2018 sera sous le signe de la lune de sang : la plus longue éclipse lunaire du XIXème siècle avec Mars en opposition. Malheureusement, cette soirée astrale risque d’être gâtée par la pollution lumineuse des grandes villes, une nuisance insidieuse et pourtant bien réelle. C’est un fait vieux comme le monde : le diable est dans la lumière.

Qu’est-ce que la photopollution ?

La pollution lumineuse, ou photopollution, correspond à la dissémination de lumière artificielle sur les fines particules solides et liquides (appelées aérosols) laissées en suspension dans l’atmosphère (comme les gouttes d’eau ou la poussière). Cette diffusion se traduit par une sur-brillance pouvant provoquer un éblouissement important pour les êtres vivants.
Les arbres, et la flore en général, sont en charge de se débarrasser de ces aérosols ; seulement, les végétaux se faisant de plus en plus rares dans les villes, on observe une concentration importante d’aérosols urbains. Le phénomène est d’autant plus aggravé que la pollution atmosphérique y prospère, sans évoquer bien sûr l’utilisation de systèmes d’éclairage peu précis, surpuissants et a la durée de fonctionnement excessive si l’on en croît les besoins réels des usagers. Cette lumière artificielle couplée à la pollution de l’air provoque un halo crépusculaire dans les cieux des grandes villes ; un dôme orangé qui prive ses habitants de tout contact avec les étoiles, en plus d’affecter leurs organismes de manière latente.
Pour ces raisons, la photopollution est considérée par les écologues et ingénieurs en lumière comme une anthropisation des environnements nocturnes (un milieu naturel est dit anthropisé lorsqu’il s’est trop éloigné de son état d’origine, et ce, sous l’intervention des sociétés humaines).

Son impact sur la faune et la flore

La photopollution trouble nos repères et ceux des animaux qui ont recours à la lumière de la lune pour s’orienter, chasser et fuir. A titre d’exemple, 64,4% des invertébrés sont actifs exclusivement ou en grande partie en période nocturne ; en d’autres termes, c’est plus de la majorité de ces espèces qui est inassimilable à la lumière électrique. Ils sont rejoints de près par :
– les amphibiens qui deviennent incapables de distinguer leur proie de leur prédateur ;
– les jeunes tortues qui, tout juste écloses sur la plage, préfèrent se diriger vers les routes éclairées plutôt que vers le reflet de la lune sur l’eau (le fameux yakamoz). De fait, la lumière électrique conduit bien souvent à cet autre phénomène : celui de la phototaxie positive – id est : une attraction irrépressible vers la lumière. C’est ainsi que nombre d’insectes nocturnes meurent d’épuisement sous nos réverbères, ou que la chute des feuilles s’y fait plus lente…
– les micro-mammifères qui se nourrissent la nuit tels que les chauves-souris ou les lapins ; on remarque que ces derniers s’amaigrissent à vue d’œil dans les zones indûment éclairées.
– les oiseaux des villes qui continuent à s’alimenter la nuit tombée et à se reproduire (d’où la prolifération de pigeons dans nos rues), tandis que beaucoup de ceux qui migrent (vers l’Afrique par exemple) se perdent et finissent par mourir de fatigue – la position des étoiles étant prépondérante à certaines espèces comme les passereaux et les canards.

La lumière artificielle compromet qui plus est la photosynthèse des plantes et peut leur déclencher une dégénérescence précoce. De cette façon, c’est l’équilibre entier des chaînes alimentaires qui est ébranlé. Et le bilan des victimes de la lumière ne cesse de s’alourdir – si l’on en croît les études des zoologues et les rapports Greenpeace qui paraissent régulièrement… Ergo, il n’est pas fortuit que Lucifer tienne son nom de la lumière.

Ses effets sur l’Homme

La photopollution est à l’origine de troubles des rythmes nycthéméraux (l’alternance jour et nuit) qui régulent les cycles physiologiques des animaux, comme ceux de l’Homme. Elle altère nos horloges biologiques, et par là nos systèmes hormonaux, pour qui 6 à 7 heures d’obscurité sont essentielles à leur bon fonctionnement. Sans ça, on observe une diminution de la sécrétion de mélatonine (l’hormone du sommeil) ; en plus d’induire une baisse de la libido et une sensation de fatigue, cette carence est susceptible de développer une perte de densité osseuse et musculaire et d’accroître les risques de cancers de la prostate et du sein. Pour preuve, des chercheurs ont mis en évidence un taux bien moins important de cancers du sein chez les femmes malvoyantes.

Pour comprendre cet excès de lumière artificielle, rappelons que l’électricité en France est d’origine nucléaire ; l’énergie étant de toute façon déjà produite par la centrale, elle est proposée au consommateur à un coût bien moindre la nuit plutôt qu’en journée (d’où le fameux système des heures creuses et pleines cher à EDF). Ce genre de procédé commercial entretient la pollution visuelle, tout comme les villes en général qui s’attachent à rester attractives 24h/24 en laissant les devantures de leurs enseignes allumées – un procédé pourtant interdit depuis ce 01 juillet 2018, mais qui ne semble pas gêner pour autant certains grands groupes…

Yannis BENZAID

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