Tout savoir sur le changement d’heure

Publié le 24 mars 2017 à 17:08 Aujourd'hui | 1151 vues

Ce week-end, il faudra remettre les pendules à l’heure. Dans la nuit du 25 au 26 mars, on passe à l’heure d’été : à 2 heures du matin, il sera 3 heures. L’occasion de faire un point sur ce petit décalage horaire qui suscite beaucoup d’interrogations.

Tic-tac, tic-tac. Le passage à l’heure d’été approche et aura lieu dans la nuit de samedi 25 mars à dimanche 26 mars. Comme chaque année, il faudra avancer sa montre d’une heure : à deux heures du matin, il sera trois heures. Si les Français sont habitués à ce changement, les mêmes questions reviennent tous les ans. Gagne-t-on ou perd-on une heure de sommeil ? Pourquoi changer d’heure ? Est-ce vraiment nécessaire ? On fait le point.

Passage à l’heure d’été : on dort plus ou pas ?

C’est l’une des questions qui revient tous les ans. Mauvaise nouvelle, nous allons dormir une heure de moins. Lundi 27 avril, le réveil sera donc un peu plus difficile que d’habitude. Pour vous y préparer, décalez votre réveil de vingt minutes ce soir avant de vous coucher. Faites de même samedi et dimanche. Cela vous permettra de vous habituer à la nouvelle heure. Sachez que rien ne sert de se coucher très tôt dimanche soir. De toute façon, il vous sera difficile de tomber dans les bras de Morphée. Vous ne pouvez pas vous forcer à dormir. On perd une heure de sommeil mais le bon côté des choses c’est que l’on gagnera davantage de soleil. Les journées seront plus longues. Après le travail, on ne rentrera plus dans la nuit. Bon point pour notre sécurité et notre moral. À nous aussi les apéritifs en terrasse ou les barbecues entres amis. Le passage à l’heure d’été, c’est aussi le début des activités estivales (ne reste plus qu’à attendre le retour du soleil).

Le changement d’heure, ça date de quand ?

L’idée du changement d’heure ne date pas d’hier. On la doit à Benjamin Franklin en 1784. L’ancien président américain avait proposé de décaler les horaires afin de faire des économies sur la consommation… de bougies et chandelles. Son idée est finalement réapparue en pleine Première Guerre Mondiale. En France, le tout premier changement d’heure est en effet mis en place le 14 juin 1916, sous proposition du député André Honnorat dans le but de conserver du charbon pour l’effort de guerre. Il est appliqué jusqu’à la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Abandonné, il refait surface en 1975 sous le gouvernement de Valéry Giscard D’Estaing. L’objectif : réduire la consommation d’énergie pour faire face à la crise pétrolière de 1973.

Depuis, les Français changent l’heure de leur montre deux fois par an : le dernier dimanche d’octobre (passage à l’heure d’hiver) et le dernier dimanche de mars (passage à l’heure d’été). Les dates ont été fixées par l’Union européenne. En 1998, les membres de l’Union Européenne ont choisi d’harmoniser les dates du changement d’heure (heure d’été et heure d’hiver) afin de coordonner le marché.

Le changement d’heure, ça sert à quoi ? Est-ce vraiment bénéfique ?

L’objectif du changement d’heure est de faire correspondre les horaires d’activité avec les horaires d’ensoleillement, afin de limiter l’utilisation de l’éclairage artificiel et, ainsi, de réaliser de fortes économies énergétiques.  Mais le changement d’heure a-t-il vraiment un impact ? La question suscite de nombreux débats tous les ans. Dans un rapport publié en 2010, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) affirme que les bénéfices sont réels. Selon elle, l’heure d’été a permis d’économiser en 2009 440 gigawatts-heure, soit l’équivalent d’un an d’éclairage de 800 000 foyers et d’environ 1,9 million d’habitants. Grâce ces économies sur l’éclairage, 44 000 tonnes de CO2 ont ainsi été évités « en considérant que, pour cet usage, 1 kWh consommé produit 100 grammes de CO2, l’éclairage faisant appel à des moyens de production électrique en partie carbonés », explique l’Ademe. À l’horizon 2030, la réduction globale des émissions dues au changement d’heure pourrait être même de 70 000 à 100 000 tonnes de CO2.

Toutefois, cet argument est aujourd’hui décrié, notamment parce que notre consommation n’est plus la même qu’auparavant. On utilise davantage d’ampoules basses consommation. Certains dénoncent également les impacts environnementaux de ce décalage. Pour l’Association contre l’heure d’été double (ACHED), les heures d’éclairage artificiel gagnées le soir sont largement compensées par les dépenses de chauffage supplémentaires le matin et le trafic le soir. L’heure de clarté supplémentaire du soir inciterait davantage les automobilistes à prendre leur véhicule.

Un rapport du Sénat, daté de 1996, mettait aussi en avant que le changement d’heure entraînait une augmentation de la pollution atmosphérique. « La pointe de circulation coïncidant avec les heures les plus chaudes de la journée augmente les concentrations d’ozone par phénomènes de photo-oxydation », indique le rapport. Se référant à une étude sur la qualité de l’air de 1986, le rapport du Sénat précise que le passage à l’heure d’été « entraîne une augmentation de la concentration maximale en ozone, d’en moyenne 10% et plus pour la ville de Paris ».

Côté santé, la question divise aussi. Certains y voient une chrono-rupture qui perturberait le rythme biologique, notamment chez les jeunes et personnes âgées : troubles du sommeil, de l’appétit, voire de l’humeur. L’ACHED cite une étude publiée en 2017 selon laquelle les échecs de grossesses après fécondation in vitro, montaient significativement de 15,5 % à 24,3 % si le transfert d’embryons avait lieu dans les trois semaines après l’avancement de l’heure ». L’ACHED prétend que le passage à l’heure d’été entraîne une surconsommation de somnifères. Une autre étude américaine, publiée en 2014 indique, elle, que ce changement entraîne une hausse de 25% des accidents cardiovasculaires les jours suivant le changement d’heure.

Selon un sondage Opinion Way pour OOreka réalisé en 2015, seuls 17% des Français sont favorables au changement d’heure et 52% des sondés estiment qu’on devrait l’abandonner définitivement. Ce qui est le cas dans plusieurs pays comme la Russie par exemple. Quoi qu’il en soit, on changera bien d’heure dans la nuit de samedi à dimanche, n’en déplaise aux plus réfractaires.

Justine Dupuy

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