Le secteur du livre n’est pas très écolo

Publié le 25 septembre 2017 à 16:28 Aujourd'hui | 966 vues

Selon un rapport, le secteur du livre ne serait pas à la page en matière de développement durable. L’enquête met en cause les coûts environnementaux de l’édition française et l’inexistence d’une « filière durable du livre ». 

Jusque-là tout est logique : le papier et l’écologie ne font pas vraiment bon ménage. Avec 70 à 85 kg consommés par an et par personne, le papier se trouve être le premier consommable dans le monde de l’entreprise, selon l’Ademe. 10 000 à 25 000 euros, c’est le coût de sa consommation à usage interne pour une entreprise d’une centaine de personnes. Autant dire que le papier représente un gouffre financier, mais il est aussi générateur d’impacts sur l’environnement : disparition des forêts, fortes émissions de CO2, destruction de la biodiversité, etc.

Le bureau d’analyse sociétale pour une information citoyenne (Basic) s’est donc penché sur le secteur de l’édition et résultat, celui-ci est loin d’être à la page d’un point de vue écologie. Il révèle aussi un paradoxe : la production du secteur de l’édition, pourtant en crise, ne cesse d’augmenter transformant les livres en objets de consommation de masse au coût environnemental exorbitant.

Opacité autour de la filière du livre

Afin de réaliser son enquête, le Basic a étudié l’ensemble de la filière de l’édition : de la chaîne du papier (exploitation forestière, fabrication de pâte à papier) à celle du livre (impression, édition, diffusion et distribution, vente et fin de vie). Malheureusement, l’industrie de livre a vu ses usines se délocaliser en masse vers les pays émergents comme la Chine, le Brésil ou encore l’Indonésie. Leurs avantages ? Des politiques environnementales et sociétales bien moins strictes qu’en Europe et le gage d’une production à bas coûts. À la clef de ce commerce juteux : la précarisation des employés, l’augmentation de la déforestation et de la pollution et la hausse des gaz à effet de serre au niveau mondial.

« Chaque acteur est dans l’ignorance partielle ou complète du fonctionnement des autres maillons, surtout en amont. Alors que les éditeurs et les libraires avaient autrefois une bonne maîtrise de la chaîne du livre, essentiellement nationale, la filière est aujourd’hui fortement désintégrée », indique le rapport. Cette délocalisation concerne 20 à 40% des titres vendus en France. Quant aux impressions réalisées sur le territoire, elles sont majoritairement faites à partir de pâte à papier achetée à l’autre bout du monde.

« Les livres sont des produits frais avec une date de péremption »

Le rapport souligne aussi les effets néfastes de la mondialisation appliquée au secteur du livre. Si le livre restait en 2015 le premier objet culturel acheté par les Français, il ne représentait plus que 14% de leur dépense contre 25% en 1968. « Cette vigueur de la production dans un contexte de baisse de la demande est typique d’une économie de l’offre : les maisons d’éditions doivent créer la demande en inventant constamment de nouveaux produits. Il s’agit pour les éditeurs de multiplier les titres tout en continuant d’occuper le terrain pour créer un effet de masse. » Le rapport cite l’éditeur Gilles Colleu (éditions Vents d’ailleurs) qui confirme cette tendance en affirmant que « les livres sont des produits frais avec une date de péremption ».

Afin de faire évoluer le secteur, les auteurs du rapport suggèrent de basculer vers des modèles de productions durables (plantations de bois certifiées, fibres recyclées), l’adoption de nouveaux modèles de lecture comme la liseuse ainsi qu’une meilleure gestion des flux et des impressions. « Les éditeurs pourraient adopter des clauses environnementales et sociales dans leurs achats de papier. Ceci permettrait de revaloriser la production de papier et de pâte à papier locale. » Toutefois, le rapport alerte sur le fait « qu’aucune de ces alternatives ne peut à elle seule mettre fins aux impacts constatés. » Il est donc d’une importance primordiale que le secteur se décide enfin à mettre en place une filière du livre durable.

Jade PANOSSIAN

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