La souffrance des électrosensibles reconnue par l’Anses

Publié le 27 mars 2018 à 12:44 Aujourd'hui | 945 vues

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a publié son rapport ce mardi 27 mars 2018 sur l’hypersensibilité aux ondes électromagnétiques. Si les symptômes des personnes qui se déclarent EHS (Electro Hyper sensibilité) sont reconnus, leurs liens avec les champs électromagnétiques ne sont toujours pas scientifiquement prouvés.

L’hypersensibilité aux champs électromagnétiques, une souffrance encore méconnue et pourtant bien réelle. La télévision, le téléphone portable, les compteurs d’énergie, le micro-onde… autant d’objets connectés du quotidien qui deviennent de véritables bourreaux pour les électro-hypersensibles. Les symptômes qu’ils décrivent (troubles du sommeil, fatigue, maux de tête, troubles de l’attention et de la mémoire pour les plus courants) les contraignent à adopter un mode de vie moins moderne et conduisent même certains à l’isolement social. Dès 2005, l’Organisation mondiale de la santé donnait un nom à ce lien dit supposé : l’hypersensibilité électromagnétique (HSEM). L’Anses publie ce mardi un rapport qui reconnaît les souffrances des personnes se déclarant hypersensibles aux ondes électromagnétiques. Toutefois, l’étude n’a pas établi de lien direct entre les champs électromagnétiques et les troubles.

Il n’existe pas encore de diagnostic

Sur une durée de quatre ans, 40 experts ont été mobilisés pour comprendre l’origine des symptômes des personnes EHS. Ils se sont basés à cet effet sur une large littérature scientifique et un grand nombre d’auditions (médecins hospitaliers et généralistes, chercheurs, associations et personnes concernées), accompagnés d’un pré-rapport enrichi de 500 commentaires de scientifiques et parties prenantes dans le cadre d’une consultation publique ouverte entre juillet et octobre 2016. Le groupe de travail chargé de l’expertise s’est réuni 29 fois entre juillet 2014 et octobre 2017 afin de procéder aux auditions, analyser les articles et débattre de la plausibilité des troubles.

Pour chercher la cause des symptômes, une quarantaine d' »études de provocation analysées » ont été réalisées, sans permettre la mise en évidence « fiable et reproductible » de « l’apparition de symptômes ou d’anomalies biologiques ou physiologiques spécifiques à l’EHS pendant ou après une exposition (aux basses fréquences ou aux radiofréquences) ». On se confronte alors à deux hypothèses : soit les symptômes ressentis par les personnes EHS ne sont pas dus aux expositions aux champs électromagnétiques, soit l’analyse se heurte à des limites méthodologiques (sélection des sujets, taille des échantillons, nature des expositions).

Si le rapport reconnaît enfin la souffrance des électrosensibles, établissant que « les douleurs et la souffrance formulées par les personnes se déclarant EHS correspondent à une réalité vécue », aucune preuve scientifique ne vient étayer un lien de cause à effet entre les champs électromagnétiques et leurs symptômes. À l’heure actuelle, le seul diagnostic qui existe consiste à se reconnaître EHS. En France, selon les dernières estimations scientifiques retenues par l’Anses, ils sont 5% de la population à l’avoir fait, c’est-à-dire 3,3 millions de personnes. De plus, « les études descriptives mettent en évidence le fait que les personnes se déclarant EHS ont un moins bon niveau de bien-être et sont, en moyenne, plus anxieuses et déprimées ». Mais l’étude ne permet pas d’avancer si l’anxiété et la dépression des personnes sont « la cause ou la conséquence » des symptômes qu’ils ressentent.

Un rapport du Belgian BioElectroMagnetics Group réalisé de 2013 à 2017 établit également que les sujets électrosensibles « sont en moyenne plus anxieux que la population générale ». La compagnie avait expérimenté les sujets en leur faisant porter un casque « qui générait un champ EM de 50 Hz et 20 μT pendant 45 minutes ». Le casque était allumé ou éteint selon les conditions de l’expérience. De 2005 à 2009, le groupe avait déjà notifié « un niveau plus élevé de détresse psychologique, de symptômes dépressifs et un tempérament plus anxieux » chez les personnes analysées, mais aussi qu’elles « étaient le plus souvent des femmes » et d’un « niveau scolaire élevé ».

Une avancée pour les électrosensibles

Si les conclusions du rapport de l’Anses ne sont pas à la hauteur des attentes des électrosensibles, l’Agence préconise tout de même des mesures qui vont dans leur sens. Elle recommande aux professionnels de santé une prise en charge adaptée des personnes concernées, de développer leur formation sur la problématique de l’électro-hypersensibilité, et de renforcer les interactions entre scientifiques et associations de personnes se déclarant EHS. Plus encore, elle soutient la mise en place d’infrastructures de recherche adaptées à l’EHS et le financement de l’effort de recherche sur les effets sanitaires des radiofréquences.

L’Anses avait déjà publié plus de cinq rapports d’expertise collective sur le sujet, à l’époque décriés par les associations de défense des électrosensibles, comme l’association Robin des toits. En 2013, ses conclusions rapportaient que les ondes électromagnétiques n’avaient pas « d’impact avéré sur la santé ». En décembre 2016, une autre expertise menée sur l’exposition de la population aux compteurs Linky et Gazpar avait conclu « une faible probabilité » à ce que cette exposition entraîne « des effets sanitaires à court ou long terme ».

Si l’Anses encourage à financer la recherche sur l’exposition aux champs électromagnétiques, l’hypothèse selon laquelle les méthodes de son analyse actuelle sont limitées semble toute désignée. Le fait de reconnaître la souffrance des victimes des champs électromagnétiques et encourager la recherche dans leurs sens représente aujourd’hui une vraie avancée.

Claire Lebrun

  1. Les personnes ayant des troubles inexpliqués ont toujours existé. Dans les temps anciens on croyait qu’ils étaient tourmentés par le Diable ou les esprits puis, quand la psychiatrie est apparue on a tenté de les soigner, avec un certain succès, mais aujourd’hui, du moins en ce qui concerne les électro-sensibles, non seulement personne ne leur conseille d’aller voir un psy, ne serait-ce que pour essayer, mais on leur fait même de la pub dans les médias en regrettant que leur maladie ne soit pas encore prise en charge par la sécurité sociale. Alors comment voulez-vous, dans ces conditions, que les électro-sensibles puissent un jour guérir ? Car en admettant que les ondes sont la cause de leurs symptômes on les enferme à tout jamais dans leur maladie imaginaire.

  2. les conséquences sanitaire se posent surtout pour certaines installations professionnelles qui peuvent générer un champ électromagnétique d’une forte intensité et certaines activités professionnelles impliquent une exposition à des niveaux supérieurs aux expositions générales (proximité d’antennes de télécommunication, …) :  » La prévention des risques professionnels des champs électromagnétiques.  »

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