Des substances toxiques dans 400 produits cosmétiques

Publié le 21 février 2017 à 14:54 Aujourd'hui | 1138 vues

L’association de défense des consommateurs UFC-Que Choisir recense désormais 400 cosmétiques qui contiendraient des substances indésirables. Un an après sa première enquête, la liste des produits incriminés a presque doublé.

Ils trônent dans notre salle de bain, et pourtant, certains produits cosmétiques ne devraient pas. Dans sa nouvelle enquête, publiée ce mardi 21 février, l’association de défense des consommateurs UFC-Que Choisir révèle que près de 400 produits que nous utilisons au quotidien contiennent un ou plusieurs ingrédients indésirables. L’année dernière, 187 produits étaient pointés du doigt. En un an, la liste dressée par l’association a plus que doublé. Gels douche, déodorants, crèmes, dentifrices, vernis, lingettes intimes… Tout y passe ou presque.

L’UFC-Que Choisir a recherché 11 substances ou familles de substances indésirables dans les rayons des produits cosmétiques. Au premier rang des substances recherchées se trouvent les perturbateurs endocriniens, tels que le BHA ou encore les butyl- et propyl-parabens. Ces conservateurs ont été par exemple trouvés dans le Rouge Baiser ou dans la crème Scholl anti-crevasses. Du côté des allergènes, la methylisothiazolinone (MIT) et la methylchloroisothiazolinone (MCIT), des conservateurs pourtant interdits dans les produits non rincés, ont été retrouvés dans des colorations capillaires : Kéranove d’Eugène Perma, Les Rayonnantes et Les Raffinées d’Eugène Color. Selon l’UFC, « de nombreux autres produits cumulent ces substances indésirables, tel le gel purifiant « Eau précieuse » qui contient non seulement des perturbateurs endocriniens : le triclosan et le propylparaben, mais en outre le mélange très allergisant MIT – MCIT ! »

Les produits pour bébés ne sont pas épargnés. L’association a trouvé du phenoxyethanol, un conservateur toxique pour le foie, dans la crème pour le change ‘Mixa bébé’ ou les cold cream Avène et Klorane bébé. Elle déplore « que les produits continuent à utiliser des mentions faussement rassurantes, telles que « hypoallergénique » ou « sans parabènes » ».

Peu de changements dans les produits incriminés en 2016

L’UFC-Que choisir salue toutefois les efforts de certains industriels. À titre d’exemple, l’après-soleil de Biotherm, une marque du groupe L’Oréal, ne contient désormais plus de cyclopentasiloxane, butyl-paraben et propyl-paraben. Dans la crème pour le corps Petit Olivier, le BHA a disparu. « Quant aux lingettes Pampers et à l’eau nettoyante pour bébé « Pédiatril » d’Avène, elles sont désormais exemptes de phenoxyethanol », note l’association. Reste que ces changements de formules sont encore « bien trop rares ». « 90% des produits incriminés en 2016 contiennent toujours les mêmes substances indésirables, au détriment de la santé des consommateurs », déplore-t-elle.

Toutefois, « mis à part quelques rares produits en infraction avec la loi, la présence de ces composés indésirables est légale, à la faveur d’une réglementation laxiste », remarque l’association UFC-Que Choisir. Pour les perturbateurs endocriniens par exemple, « les projets de définitions proposés par la Commission européenne exigent un niveau de preuve si élevé que, dans la pratique, aucune substance ne se verrait interdite »

L’UFC-Que Choisir presse les pouvoirs publics européens « de mettre en œuvre sans délai les recommandations des experts en matière de retrait des substances, d’encadrer strictement les allégations d’étiquetage et, plus généralement, de proposer une nouvelle définition des perturbateurs endocriniens permettant un retrait effectif de ces substances nocives ».

La base de données des 400 produits comportant des substances indésirables est disponible ici. L’association a aussi mis en ligne, comme l’année dernière, une carte repère pour identifier les molécules lors de ses achats.

Pour la Fédération des entreprises de la beauté : halte à l’intox

Ce mardi 21 février, la Fédération des entreprises de la beauté (Febea) a assuré dans un communiqué, intitulé « Halte à l’intox…2 », que ses produits sont « sûrs » car la réglementation européenne est « la plus sûre au monde ». La fédération affirme que le secteur prend des « engagements forts » qui « vont au-delà des réglementations » et que les entreprises ont pour priorité « absolue » la sécurité des consommateurs.

Justine Dupuy

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