Suisse : une usine transforme le CO2 en engrais

Publié le 14 juin 2017 à 15:49 Demain | 1459 vues

Une entreprise suisse a mis en place un ventilateur capable de capturer et de transformer le dioxyde de carbone. Une fois traité, le CO2 récupéré est transformé en engrais qui sert à fertiliser les champs proches de l’usine. 

Le réchauffement climatique est là, et nous avons bien du mal à trouver des solutions pour y remédier. Mais depuis le mois de mai, la Suisse possède une technologie inédite et unique en son genre permettant de lutter contre ce phénomène. C’est l’entreprise Climeworks qui a développé la première usine capable de capturer le dioxyde de carbone et de le transformer… en engrais !

Une usine hors-norme

L’usine est située à quelques kilomètres de Zurich, dans le cadre champêtre de la petite commune de Hinwell. Certes imposante avec ses trois conteneurs empilés les uns sur les autres, contenant chacun six filtres le tout sur 12 mètres de haut, cette usine ne risque pas de nuire à son environnement. Jusqu’à présent, les technologies destinées à capturer les gaz à effet de serre étaient positionnées aux sources d’émissions directes. Mais ce procédé change la donne. Les filtres des collecteurs d’air agissent comme des éponges et piègent le dioxyde de carbone déjà présent dans l’atmosphère.

Les particules de CO2, une fois récupérées, sont chauffées à une température de 100°C afin de rendre le dioxyde de carbone solide. Une partie du CO2 est ensuite stockée sous terre, et le reste est revendu à des industriels ainsi qu’aux exploitations agricoles qui l’utiliseront comme engrais. Selon l’entreprise, le CO2 utilisé sous forme d’engrais permettrait d’augmenter la croissance des laitues et autres légumes de 20%.

Un investissement qui vaut cher

L’usine à elle seule peut capturer jusqu’à 900 tonnes de CO2 par an, l’équivalent d’environ 200 voitures. Les filtres, eux, peuvent capturer 50 tonnes de CO2 par an, contre seulement 50 kg par an pour les arbres. Malheureusement, le volume de CO2 traité par Climeworks reste faible par rapport à l’ampleur de la pollution atmosphérique. L’entreprise espère d’ailleurs pouvoir capturer 1% des émissions mondiales de CO2 d’ici 2025. Un défi qui nécessiterait l’ouverture de 750 000 usines supplémentaires.

Un investissement colossal, quand on sait que l’usine a coûté plus de deux millions d’euros. On vous laisse faire le calcul… Mais cela ne semble pas décourager Jan Wurzbacher, cofondateur de Climeworks. « Si nous voulons respecter les accords de Paris, nous avons besoin non seulement de commencer à développer ces technologies mais aussi de les améliorer et les mettre en oeuvre à une plus grande échelle », expliquait-il dans une interview pour Vice News.

Pour atteindre ce quota, l’entreprise suisse devra réussir à baisser les coûts de ses recherches et augmenter sa base de clientèle.

Crédit : Climeworks

Jade PANOSSIAN

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