Les terrines de canard contiennent surtout du porc

Publié le 21 décembre 2016 à 11:56 Aujourd'hui | 851 vues

L’ONG Foodwatch a comparé différentes terrines de canard vendues dans le commerce. Toutes contiennent plus de porc que de canard. Or, sur l’étiquette, c’est surtout le palmipède qui est vanté.

Qu’y a-t-il dans une terrine de canard ? Surtout du porc et très peu de canard, soit environ 20%. C’est ce que dénonce l’ONG Foodwatch qui a passé en revue une dizaine de produits vendus dans le commerce. Problème, le canard, présent en très faible quantité, est lui mis en avant sur l’emballage. Pour trouver le porc, il faut regarder à l’arrière du produit, là où il est inscrit en tout petit. « De nombreux fabricants de terrines camouflent la véritable nature de leurs produits et vantent exclusivement les ingrédients les plus vendeurs », dénonce l’association.

Parmi les produits comparés, Foodwatch donne l’exemple de la « terrine de canard aux noisettes croquantes » de la marque Hénaff. Sur la boîte, on peut y voir un palmipède et le mot « canard » bien mis en avant. Or, cette terrine ne contient que 21,8% de canard. Le reste est principalement du porc (viande, foie, couenne). Seule la terrine de la marque Labeyrie se démarque avec 32% de canard.

Une pratique légale

Pourtant, il ne s’agit en aucun cas d’une tromperie. Cette pratique est tout à fait légale.  Selon le Code des usages de la charcuterie (rédigé par les professionnels eux-mêmes), une terrine peut contenir tout juste 20% de canard. Le fabricant peut ainsi la compléter avec 80% d’autres ingrédients sans qu’il ne soit obligatoire de les mentionner à l’avant de l’emballage. D’après les fabricants, les terrines doivent forcément contenir du porc. La Fédération française des industriels charcutiers, traiteurs, transformateurs de viandes (Fict) explique que la présence de porc dans les terrines n’a rien de choquant et n’a surtout rien de nouveau. C’est d’ailleurs une pratique « extrêmement ancienne ». « Le porc a l’avantage d’avoir un goût neutre, de donner de la tenue au produit fini et d’avoir une texture en bouche agréable », justifie David Bazergue, le délégué général de la Fict, au Parisien.

Mais pour Ingrid Kragl, directrice de l’information de Foodwatch France, « si cette pratique est légale, elle n’est pas légitime pour autant », indique-t-elle au Parisien. Les industriels doivent ainsi étiqueter leurs produits de manière honnête en ajoutant la mention porc sur l’avant de l’emballage : « Terrine de porc ET de canard » afin que les consommateurs puissent acheter en toute connaissance de cause. Foodwatch demande même aux pouvoirs publics d’interdire et sanctionner les « arnaques sur l’étiquette ».

Justine Dupuy

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