Vers une pénurie d’électricité cet hiver ?

Publié le 21 octobre 2016 à 17:06 Aujourd'hui | 1047 vues

Alors qu’une partie du parc français est en maintenance, EDF va fermer cinq réacteurs pour vérifications. Une situation qui préoccupe la ministre de l’Environnement et de l’Énergie, Ségolène Royal.

L’hiver approche à grands pas et les températures vont commencer à chuter. Pour se chauffer, il faut bien de l’électricité. Problème, un tiers environ du parc nucléaire d’EDF, qui compte 58 réacteurs répartis dans 19 centrales, est à l’arrêt pour maintenance. Et à la demande de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), cinq réacteurs seront mis à l’arrêt, afin de procéder à des vérifications sur des équipements clés susceptibles de présenter une teneur en carbone excessive. Ce vendredi 21 octobre, EDF a d’ailleurs annoncé qu’il allait étaler jusqu’à la mi-janvier la fermeture temporaire de ces cinq réacteurs.

« Assurer la continuité de l’approvisionnement »

Face à un trop grand nombre de réacteurs à l’arrêt, la ministre de l’Énergie et de l’Écologie s’inquiète d’une éventuelle pénurie d’électricité cet hiver. Dans une lettre, envoyée le 10 octobre dernier au PDG d’EDF Jean-Bernard Lévy, Ségolène Royal interpelle le groupe : « Il est impératif qu’EDF se prépare à maîtriser la situation pour assurer la continuité de l’approvisionnement », a-t-elle écrit dans le courrier que Le Parisien a dévoilé ce vendredi. Et ne manque pas de rappeler : « La sécurité d’approvisionnement du territoire français en électricité doit être assurée. EDF, premier producteur d’électricité en France, est dépositaire d’une forte responsabilité dans la garantie de cet approvisionnement ».

Une situation qui préoccupe également les ingénieurs du Réseau de transport d’électricité (RTE). Selon le quotidien, ces derniers travaillent jour et nuit sur différents scénarios intégrant le fait que plusieurs réacteurs sont maintenant à l’arrêt. Douze réacteurs en moins, c’est une perte de 11 000 MW qui oblige RTE à tirer sur d’autres ressources qui ne sont pas illimitées : l’éolien, le solaire et l’hydraulique. Mais aussi les importations d’électricité produite en Allemagne, en Suisse, en Italie, en Espagne et en Grande-Bretagne. Le tout pour une capacité maximale de 12 000 MW. L’hiver devra être particulièrement doux puisque 1°C de température en moins représente 2 400 MW d’’électricité en plus.

« Une situation plus difficile qu’habituellement »

De son côté le patron d’EDF se veut rassurant : « Nous connaissons actuellement une situation plus difficile qu’habituellement. Nous mettons tout en œuvre pour nous assurer qu’un maximum de réacteurs nucléaires seront en situation de fonctionner entre le début du mois de décembre et la fin du mois de février, période la plus exigeante du point de vue des besoins en électricité », a-t-il répondu à la ministre dans une lettre datée du 14 octobre que Le Parisien révèle également. Cependant, le PDG a indiqué que « les moyens sur le système électrique pourraient s’avérer insuffisants. »

Pour éviter « des effets spéculatifs » sur le marché de gros de l’électricité pendant la fermeture temporaire des réacteurs nucléaires, EDF a demandé au gouvernement, ce vendredi 21 octobre, de prendre « toutes les mesures nécessaires », dont « la suspension temporaire » du dispositif Arenh (Accès régulé à l’électricité nucléaire historique) qui oblige EDF à revendre une partie de son électricité à ses concurrents.

Justine Dupuy

Surprise

Tutos, trucs et astuces pour fabriquer un masque maison

> Toutes les vidéos

Rappel de produit

> Tous les rappels de produit

Sur le même thème