Wakae, la mode durable

Wakae : des vêtements sportifs techniques et résistants à base de plastique recyclé

Publié le 23 novembre 2020 à 21:23 Ma vie zéro déchet

Marie Jagrik, grande sportive et écolo dans l’âme, ne trouvait pas de vêtements techniques et durables adaptés à la course. Qu’à cela ne tienne : elle s’est lancée le défi de combler ce manque ! Wakae, qui signifie “Rester” en Swahili, est une marque engagée dans la dépollution des océans : les sportifs seront séduits !

Nous sommes tous concernés par l’avenir de notre planète, mais nous avons parfois besoin d’un déclic pour passer à l’action. Marie Jagrik l’a eu en voyageant. Grande sportive, fan de randonnée et de plongée, c’est lors d’un tour du monde qu’elle se rend compte combien la Terre, même dans les recoins les moins habités par l’Homme, est souillée de ses déchets. Elle rentre de voyage, remuée par les images de plastiques polluant les plus beaux spots de plongée. Que faire pour changer ça ?

Allier performance et défi écologique

« Mon engagement écologique est ancien. J’ai toujours fait attention aux ecogestes, je fais partie depuis des années de l’association Chainon Manquant qui lutte contre le gaspillage alimentaire par exemple nous raconte la jeune femme. Progressivement, je me suis intéressée à tout ce qui m’entourait et tout ce que j’achetais. Je me suis ainsi mise à scruter les étiquettes de tous mes vêtements. »

La jeune marathonienne part en quête de marques engagées et responsables. Elle cherche des vêtements de sports techniques qui répondent aussi à de véritables enjeux écologiques. Elle réalise alors qu’à l’exception de quelques acteurs spécialisés dans le Yoga, cet univers n’est pas vraiment couvert.

De la conception de la collection à la recherche des fournisseurs

Il y a deux ans, Marie décide de passer le cap. Elle quitte son job dans le marketing alimentaire pour se lancer dans le secteur du textile qu’elle ne connait pas encore. « Dans mon passé, je travaillais beaucoup avec les secteurs de l’innovation : discuter avec des personnes techniques et comprendre les besoins d’usines, je connaissais. Je me sentais capable d’y aller. J’ai toutefois suivi une formation dans l’univers de la mode, ne serait-ce que pour maîtriser le vocabulaire propre au milieu ! »

Elle dessine ses premiers modèles de T-shirts, shorts et leggings et fait travailler une modéliste à Paris pour être sûre de la qualité des patronages. Vient alors l’étape des fournisseurs : « je tenais absolument à ce que mon projet apporte une solution au problème des déchets plastiques dans la mer », insiste-t-elle. Lors d’un salon, elle rencontre les équipes de Seaqual qui luttent justement contre cette pollution. L’entreprise espagnole récolte chaque année des tonnes de bouteilles plastiques en mer qu’elle transforme en fil. « Ils étaient très clairs et engagés dans leur démarche », se souvient Marie qui adhère immédiatement avec le discours.

Une production européenne

La jeune entrepreneuse a un cahier des charges technique précis : elle veut un tissu léger, qui sèche rapidement et évacue la transpiration. Elle souhaite aussi que ses produits ne voyagent pas sur des kilomètres entre les différentes phase de la confection. Aussi, comme les usines de retraitement du plastique de Seaqual sont basées en Espagne, elle cherche des partenaires dans la zone.

« Je sais ainsi qu’il n’y a pas plus de 4000 km de parcourus entre le fil et les produits finis, explique Marie. Quand on sait que la moyenne dans le textile est de 10 000 km, je suis contente d’être dans cet ordre de grandeur pour une première collection . »

Une première collection début 2021

Marie Jagrik a déjà reçu le prix du public du Trophée Perle de lait qui encourage les projets prometteurs. Une récompense justifiée pour Wakae qui est actuellement en campagne de financement participatif : « l’entrep’runneuse » a en effet besoin d’être assurée d’avoir suffisamment de pré-commandes pour lancer sa première collection.

Pour ce lancement, elle a prévu d’envoyer les commandes via un partenaire qui propose des colis réutilisables. Une démarche cohérente avec ses ambitions : « J’aimerais à terme que tout ce qui rentre dans la composition de mes produits soit une seconde vie pour un produit ayant existé auparavant » s’enthousiasme Marie, entièrement convaincue par les bienfaits de l’économie circulaire.

La jeune femme a déjà franchi de nombreuses étapes dans la réalisation de son projet. Elle travaille maintenant à l’optimisation de toute sa chaine de production et de distribution. L’entrepreneuse entend surtout vendre via son site internet, aussi les modes de distribution doivent-ils être alignés.

Et elle imagine déjà les courbes des vestes techniques 100 % recyclées qu’elle pourrait produire demain.

Pour en savoir plus :
Pré-commander via la campagne Ulule de Wakae
Le site Wakae
L’association Chainon Manquant

Eléonore Verdy

  1. Bonjour, quand on sait que le lavage du polyester rejette des milliards de nanoparticules dans les océans. Quid de ces matériaux ????

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